Un prêtre auprès de victimes d’un accident mortel de la route

Source: FSSPX Actualités

Au milieu des images spectaculaires d’un accident de la route, ce ne sont pas toujours les secours qui retiennent le plus l’attention. Parfois, c’est une silhouette en soutane.

Le 11 décembre 2019, un grave accident de la route survenu au Honduras a coûté la vie à trois personnes. Alors que les secours et les médecins légistes intervenaient sur les lieux, un autre geste a retenu l’attention des médias : celui d’un prêtre venu administrer les saints sacrements aux victimes.1

Il s’agissait de l’abbé Michel Boniface, prêtre de la Fraternité Saint-Pie X, alors en mission dans le pays. Bloqué dans les embouteillages provoqués par l’accident, il décida de parcourir à pied près de quatre kilomètres pour rejoindre les lieux du drame.

Arrivé sur place, l’abbé Boniface pria auprès des victimes, les aspergea d’eau bénite et leur administra, sous condition2, le sacrement de l'Extrême-Onction. Interrogé en direct par une chaîne de télévision hondurienne, il expliqua simplement sa démarche : « Quand on m’a dit qu’il y avait eu un accident, je me suis dit : “Je vais administrer les saintes huiles”, c’est-à-dire le sacrement des malades. Et si quelqu’un est déjà décédé, on peut encore administrer ce sacrement sous condition, en demandant à Dieu qu’il lui pardonne ses péchés et qu’il le sauve. »

À la question de savoir ce qu’il venait de faire auprès des trois victimes, il répondit : « J’ai demandé à Dieu de leur pardonner leurs péchés. Je les ai oints avec les saintes huiles des malades. Que Dieu leur pardonne et qu’il les sauve. »

Les journalistes, visiblement touchés par cette présence sacerdotale, soulignèrent qu’il donnait ainsi « un exemple de ce que doivent être les serviteurs de Dieu », en s’approchant du prochain jusque dans les circonstances les plus dramatiques.

Profitant de cette intervention médiatique, l’abbé Boniface rappela également une vérité que notre époque tend à oublier, la nécessité de toujours être prêt à comparaître devant Dieu : « Je conseille toujours, lorsqu’on part en voiture, d’invoquer les saints anges : “Saints Anges, priez pour nous.” Saint Raphaël, patron des voyageurs, priez pour nous. Saint Christophe, patron des voyageurs, priez pour nous. Sainte Marie, soyez avec nous. Puis réciter le Notre Père. Il faut aussi vivre dans la grâce de Dieu, se confesser régulièrement, communier, car nous sommes tous des voyageurs vers l’éternité. Nous ne savons pas le jour ni l’heure. Nous venons précisément de le constater ici. »

Le Catéchisme de saint Pie X résume ainsi les effets du sacrement de l’Extrême-Onction : « Le sacrement de l’Extrême-Onction produit les effets suivants : il augmente la grâce sanctifiante ; il efface les péchés véniels et même les péchés mortels que le malade, sincèrement repentant, n’aurait pu confesser ; il enlève la faiblesse spirituelle qui subsiste après le pardon des péchés ; il donne la force de supporter patiemment la maladie, de résister aux tentations et de mourir saintement ; enfin, il aide à recouvrer la santé du corps lorsque cela est utile au salut de l’âme. »

Les soins apportés au corps sont nécessaires, les secours apportés à l’âme le sont davantage encore. C’est cette mission que les prêtres sont appelés à accomplir par leur ministère sacerdotal.

  • 1

    Dans un pays comme le Honduras où l’immense majorité de la population est baptisée, cela est plus facile qu’ailleurs.

  • 2

    L'Extrême-Onction ne peut être administrée qu’à une personne vivante. En revanche, lorsqu’il existe un doute sérieux sur la réalité immédiate du décès (par exemple après un accident), le prêtre peut la donner sous condition : ce n’est pas une onction sur un mort, mais pour le cas où la personne serait encore en vie.