L’Église chaldéenne a un nouveau patriarche

Source: FSSPX Actualités

Mgr Emile Shimoun Nona, devenu patriarche chaldéen sous le nom de Mar Paul III Nona

Depuis la renonciation du patriarche Louis Raphaël Sako, acceptée le 10 mars 2026 par Léon XIV, l’Église chaldéenne était orpheline. Cette démission « pour raison d’âge », alors que la guerre secoue le Moyen-Orient, avait laissé les observateurs perplexes, car les patriarches orientaux n’y sont pas tenus.

Un Synode réuni à Rome

Le nouveau patriarche a été élu le 12 avril 2026 au terme du Synode chaldéen réuni à Rome depuis trois jours. Dans son discours devant les participants au Synode le 10 avril, Léon XIV avait appelé les évêques chaldéens à nommer un patriarche « capable de porter le poids des difficultés avec réalisme ».

Le Synode a désigné Mgr Emile Shimoun Nona, 59 ans, nouveau patriarche de l’Église chaldéenne. Jusqu’à présent chargé de la diaspora chaldéenne en Australie, il succède ainsi au cardinal Louis Raphaël Sako. Il a pris le nom de Mar Paul III Nona.

Né en 1967 à Alqosh, au nord de l’Irak, il possède une longue expérience pastorale. Ordonné prêtre en 1991 à Bagdad, il a été de 1993 à 1997 vicaire à Alqosh, puis curé jusqu’en l’an 2000, année qui le voit s’inscrire à la Faculté de théologie de l’Université du Latran à Rome.

Après obtention de son diplôme, il rentre en Irak en 2005 où il est nommé vicaire général du diocèse d’Alqosh, et professeur d’anthropologie au Babel Collège à Erbil, au Kurdistan irakien. Il a été élu archevêque chaldéen de Mossoul le 13 novembre 2009 et ordonné évêque le 8 janvier 2010, succédant à Mgr Paulos Faraj Rahho, qui avait été pris en otage et assassiné en 2008.

Évêque de Mossoul sous occupation de Daech

Son épiscopat est marqué par l’irruption de Daech dans la ville et la plaine de Ninive, amenant la fuite de la quasi-totalité des chrétiens. Depuis janvier 2015, il était archevêque-évêque des Chaldéens à Sydney, au service d’une diaspora particulièrement nombreuse en Australie.

Le nouveau patriarche a affirmé que sa mission sera consacrée « au service de l’unité et de la mission de l’Église chaldéenne, tant au Moyen-Orient que dans la diaspora ». Il est probable qu’il devienne cardinal, vraisemblablement après le 80e anniversaire du cardinal Sako, en juillet 2028.

Le cardinal Sako a félicité son successeur

L’annonce de la démission du cardinal Sako avait coïncidé avec celle de l’évêque chaldéen de San Diego aux États-Unis, Mgr Emanuel Hana Shaleta, accusé de détournement de fonds et arrêté par la police américaine le 5 mars dernier, alors qu’il tentait d’embarquer dans un vol pour l’Europe.

Le cardinal Sako s’était effacé après 13 ans marqués de nombreuses difficultés, notamment l’offensive de Daech qui avait poussé à l’exil les chrétiens de la plaine de Ninive en 2014, et par le refus prolongé du président irakien de le reconnaître comme chef de l’Église chaldéenne, qui avait profondément affecté le patriarche démissionnaire.

Dans un communiqué, le cardinal irakien a félicité son successeur. Lors de sa démission, il avait assuré qu’il serait loyal vis-à-vis des décisions prises par le Synode. Il était resté à Bagdad durant cette période de transition.

« En ces temps difficiles, j’espère que la direction de l’Église catholique chaldéenne sera confiée à un patriarche doté d’une solide culture théologique, de courage et de sagesse », avait écrit le cardinal Sako en mars dernier. « Je le respecterai et n’interférerai jamais dans son travail », avait-il déclaré.

L’Église chaldéenne compterait aujourd’hui de 600 000 à 700 000 fidèles dans le monde. Encore environ 300 000 résideraient en Irak, berceau historique de cette Église orientale. Le reste est formé par une importante diaspora répartie principalement dans les pays occidentaux.