Jérusalem : la guerre a raison des Rameaux
C’est une triste première : la procession du dimanche des Rameaux, qui rassemble habituellement des milliers de fidèles du mont des Oliviers à la Vieille Ville, n’aura pas lieu. Le cardinal Pierbattista Pizzaballa, Patriarche latin de Jérusalem, a annoncé cette décision, conséquence directe de l’intensification des hostilités dans la région. La messe chrismale subira le même sort.
Alors que le conflit se poursuit, la Ville Sainte se prépare à une Pâques assombrie par les sirènes des bombardements. L’annonce, tombée ce 23 mars 2026, confirme que les conditions de sécurité ne permettent pas de rassembler les fidèles au début de la Semaine Sainte.
Une ville sous haute tension
« C’est une blessure qui s’ajoute à tant d’autres infligées par ce conflit », a déclaré le cardinal Pierbattista Pizzaballa, patriarche latin de Jérusalem, dans un message laissant transparaître lassitude et gravité.
Les restrictions de mouvement et les risques liés aux bombardements ont rendu impossible l’organisation des rites habituels. Outre la procession des Rameaux, la Messe Chrismale du Jeudi Saint — qui réunit normalement tout le clergé local pour la consécration des saintes Huiles — a également été reportée à une date indéterminée.
La situation sécuritaire est d’autant plus précaire que le climat politique s’embrase. Les récentes déclarations du ministre israélien Bezalel Smotrich lors de funérailles militaires ont, selon les observateurs, « jeté de l’huile sur le feu », rendant tout rassemblement massif de la minorité chrétienne particulièrement risqué dans ce contexte de polarisation extrême.
« Les églises restent ouvertes »
Malgré l’annulation des événements publics, le Patriarcat a tenu à envoyer un message de résilience : les lieux de culte, y compris le Saint-Sépulcre, restent ouverts à la prière individuelle. « Si nous ne pouvons pas nous réunir comme nous le souhaiterions, nous ne devons pas renoncer à la prière », assure le cardinal.
Pour pallier l’impossibilité physique de se rassembler, une journée de prière est organisée, et tous les fidèles de Terre Sainte et d’ailleurs sont appelé à réciter le Rosaire pour la paix.
La Pâque de l’obscurité
Mais cette annulation reste un symbole fort : même durant la pandémie de Covid-19, les rites avaient été maintenus sous des formes réduites. Aujourd’hui, le fracas des armes semble avoir eu raison de la tradition.
Pourtant, pour les communautés locales, le message de Pâques demeure central. « La Pâques nous rappelle qu’aucune obscurité, pas même celle de la guerre, ne peut avoir le dernier mot », a conclu le Patriarche.
Alors que l’ombre d’une escalade régionale plane sur Jérusalem, les chrétiens de Terre Sainte s’apprêtent à vivre une « Passion » bien réelle – à la fois sous les bombes de Téhéran et l’hostilité d’une partie des Juifs fondamentalistes, le tout dans la plus grande indifférence.
(Source : Asianews – FSSPX.Actualités)
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