La loi suprême, c'est le salut des âmes

N°182 - SOMMAIRE
- Editorial
- Vie spirituelle : La loi suprême, c'est le salut des âmes
- Dossier : Communiqué de la maison généralice de la FSSPX
- Histoire : Le saint ermite de Celles : la vie de saint Hadelin (+ 696), moine et évangélisateur
- Pédagogie : Soumettre le respect humain
- Vie du prieuré - Chronique - Dates à retenir - Carnets paroissiaux

« Pénitence ! Pénitence ! Pénitence ! Priez Dieu pour les pécheurs ! Allez baiser la terre en pénitence pour les pécheurs ! »

Editorial

Le petit village de Lourdes est l’objet des plus grandes bénédictions de la Très Sainte Vierge Marie. Le 11 février 1858, la Mère de Dieu apparaît en effet à une jeune fille de 14 ans, Bernadette Soubirous. Ce jour-là, accompagnée de sa sœur et d’une amie, Bernadette se rend dans une petite grotte, Massabielle, le long du Gave, pour ramasser du bois mort. Enlevant ses bas pour traverser le ruisseau et aller dans la grotte, elle entend un bruit qui ressemble à un coup de vent. Elle lève la tête et soudain, raconte-t-elle : « J’aperçus une dame vêtue de blanc : elle portait une robe blanche, un voile blanc également, une ceinture bleue et une rose jaune sur chaque pied. » Bernadette fait le signe de la croix et récite le chapelet avec la Dame. La prière terminée, la Dame disparaît brusquement. Ce fut la première des dix-huit apparitions de Marie à Bernadette. Lors de la huitième apparition, elle dit : « Pénitence ! Pénitence ! Pénitence ! Priez Dieu pour les pécheurs ! Allez baiser la terre en pénitence pour les pécheurs ! ». Le jeudi 25 février, trois cents personnes sont présentes. Bernadette raconte : « Elle me dit d’aller boire à la source (…). Je ne trouvai qu’un peu d’eau vaseuse. Au quatrième essai je pus boire. Elle me fit également manger une herbe qui se trouvait près de la fontaine puis la vision disparut et je m’en allai. » Devant la foule qui lui demande: « Sais-tu qu’on te croit folle de faire des choses pareilles ? » Elle répond : « C’est pour les pécheurs. »

Il est vrai que demander à une jeune fille de faible constitution de manger de l’herbe et de boire de l’eau vaseuse, est déconcertant. Notre raison humaine n’en comprend ni l’opportunité ni même la prudence. Disons-le, le scandale n’est pas très loin. Notre nature en effet tend instinctivement à  la recherche du bonheur, du bien, de la joie. Contrarier cette inclination provoque forcément une forte répugnance. 

Cependant, cette demande de la Mère de Dieu est tout sauf déraisonnable. Si vouloir le mal est en effet contre l’inclination de notre nature, le désirer pour atteindre un bien supérieur est en revanche bon et raisonnable. Nous le constatons par exemple dans nos propres actes réflexes. Lorsqu’en effet, une partie supérieure de notre corps, comme la tête, est menacée, l’acte spontané que nous accomplissons est d’exposer notre main, quitte à la blesser, pour protéger la tête. Cette loi immuable est ancrée dans notre nature qui nous dicte qu’il y a des circonstances où il convient de sacrifier un bien particulier pour obtenir un bien général ou un bien supérieur.

Or, dans ce cas précis, la Bienheureuse Vierge Marie a pris soin d’expliquer la portée des sacrifices qu’elle demande à Bernadette. C’est au nom d’un bien supérieur et surnaturel : la conversion des pécheurs. L’ordre surnaturel étant plus parfait que l’ordre naturel, il est tout à fait normal et raisonnable de sacrifier un bien de la nature pour obtenir ou préserver un bien surnaturel. C’est ainsi que Dieu le Père demande à son Fils d’assumer une nature humaine pour l’offrir en holocauste au prix d’atroces souffrances et d’une mort violente pour le rachat des âmes de toute l’Humanité. La fin surnaturelle de la rédemption suffit à rendre raisonnable l’exigence du Père Éternel. 

Nous entrerons bientôt dans le temps du Carême. Sous les pas de notre Maître, Notre-Seigneur Jésus-Christ, nous allons nous unir à la croix par l’offrande de nos sacrifices. Cette perspective répugne évidemment à notre nature que nous allons contraindre. Elle va devoir poser des actes qui vont à l'encontre de son instinct de conservation. Mais c’est dans le mystère de la croix que nous trouverons la force, l’enthousiasme et la constance dans nos résolutions. C’est au nom d’un bien supérieur que nous allons nous unir à la croix de Notre-Seigneur : sauver notre âme et celle des autres. Autrement dit, la vertu théologale d’espérance doit rythmer notre Carême. C’est elle qui nous encouragera dans cette sainte Quarantaine et qui la rendra féconde en grâces et en bénédiction.

La Très Sainte Vierge Marie, Notre-Dame de Compassion, a goûté le calice de la Passion de son Fils. Elle y a trempé ses lèvres avec toute la générosité d’une mère capable de souffrir mille morts pour ses enfants. Marie ne nous détournera jamais du sacrifice mais elle le rendra plus doux par sa présence et sa médiation.

Aux portes du Carême, prenons fermement une résolution qui puisse compléter abondamment  ce qui manque à la Passion du Christ.

Que saint Joseph vous bénisse !