Mgr Schneider sur Vatican II : « Les fruits sont une immense confusion générale »
Le pape Léon XIV à Castel Gandolfo, le 16 juin 2026, évoquant les consécrations épiscopales de la FSSPX.
Les récentes déclarations du pape Léon XIV et du cardinal Víctor Manuel Fernández au sujet des consécrations épiscopales du 1er juillet ont relancé le débat sur la place du concile Vatican II dans l’Église. Interrogé par Matt Gaspers lors d’un entretien accordé le 8 juin à la chaîne Veritatis Vox, Mgr Athanasius Schneider a livré une analyse sans détour de la crise que traverse aujourd'hui l’Église. Nous reproduisons ci-dessous des extraits de ses réponses.
Lors d’un échange informel avec des journalistes à Castel Gandolfo, le mardi 16 juin, le pape Léon XIV a été interrogé au sujet de la Fraternité Saint-Pie X et des consécrations épiscopales prévues le 1er juillet prochain. Il a déclaré :
« Certes, la division entre les chrétiens est une réalité douloureuse. Cependant, ils refusent d’accepter certains éléments fondamentaux de l’Église, à commencer par plusieurs points du concile Vatican II. S’ils prennent cette décision, j’en suis désolé. Mais nous devons poursuivre notre route. »
Huit jours avant ces propos, Mgr Athanasius Schneider s’était précisément exprimé sur cette question. Pourquoi l’acceptation des enseignements de Vatican II est-elle devenue le critère décisif de la communion ecclésiale ? Peut-on exiger l’adhésion à des textes que leurs auteurs eux-mêmes n’ont jamais présentés comme des définitions dogmatiques ? Les réponses de l’évêque auxiliaire d’Astana résonnent aujourd’hui avec une particulière acuité.
Pourquoi Vatican II est-il devenu un critère de catholicité ?
Évoquant l’appel lancé par le pape Léon XIV, quelques jours seulement après son élection, à poursuivre la voie empruntée par l’Église depuis le concile Vatican II, Mgr Athanasius Schneider a été invité par Matt Gaspers à expliquer pourquoi les autorités ecclésiastiques continuent de suivre une orientation qui s’est révélée si désastreuse pour l’Église, et pourquoi l’acceptation inconditionnelle de Vatican II est présentée comme une sorte de critère décisif permettant de déterminer si quelqu’un est véritablement catholique ou non.
Mgr Schneider : Je pense qu’il peut y avoir différents facteurs expliquant pourquoi ils demandent d’accepter des affirmations d’un concile pastoral, ou même des enseignements non définitifs, comme une exigence absolue pour être catholique, c’est-à-dire pour être en union avec le Saint-Siège. Et je pense qu’il peut y avoir différentes positions parmi ceux qui formulent cette exigence.
Je dirais d’abord que le pape — et les papes précédents également, déjà Paul VI — ont demandé exactement la même chose à Mgr Lefebvre et à la Fraternité Saint-Pie X : accepter le Concile avec tous ses enseignements.
Peut-être simplement en essayant de proposer une sorte d’herméneutique, une interprétation qui montrerait que cela ne change pas réellement l’enseignement, mais qu’il s’agit seulement d’expliquer que tout demeure compatible avec la Tradition. Mais cela revient à faire violence à la raison. Ou, comme je le dis souvent, à accomplir un exercice d’acrobatie intellectuelle.
Et je pense que les papes, depuis Paul VI jusqu’au pape actuel, agissaient — et agissent encore, je l’espère et je le crois — avec une bonne intention. Comme on dit en latin : bona fide. De bonne foi. Ils étaient sincèrement convaincus que ces nouveaux enseignements constituaient un appel du Saint-Esprit. Qu’il s’agissait d’un message, d’une illumination du Saint-Esprit adressée à l’Église de notre temps pour suivre cette voie : celle de l’œcuménisme, du dialogue interreligieux, de la liberté religieuse, et de la nouvelle messe, comme une sorte de nouvelle Pentecôte, ainsi que Jean XXIII l’avait proclamé.
Et spécialement le pape Jean-Paul II a beaucoup insisté sur ce point. Il disait que le Concile Vatican II était la plus grande grâce que Dieu ait accordée à l’Église au XXᵉ siècle et qu’il était une œuvre du Saint-Esprit. Jean-Paul II en était convaincu et l’a répété.
Puis, plus tard, spécialement le pape François, avec toutes ses prétendues réformes — qui étaient elles aussi très discutables sur le plan doctrinal —, était convaincu qu’il s’agissait du développement ultime, naturel et cohérent des enseignements de Vatican II. Le pape François l’a déclaré à plusieurs reprises.
Et, dans ce sens, il est évident que le pape Léon poursuit cette ligne et la comprend de cette manière.
Je pense donc qu’il existe chez ces papes une conviction intérieure : celle que Dieu leur demande, ainsi qu’à toute l’Église, de suivre cette nouvelle voie qu’ils considèrent comme étant la volonté de Dieu et la voix du Saint-Esprit.
Mais nous voyons manifestement qu’il s'agit d’un désastre. Si les fruits ne sont que confusion et ambiguïté, comment cela pourrait-il être la voix du Saint-Esprit ? Comment l’ambiguïté pourrait-elle être la voix du Saint-Esprit ? Même simplement de l’ambiguïté ?
Personne ne donne sa vie pour quelque chose d’ambigu. On donne sa vie pour quelque chose qui est parfaitement clair, vrai, sans aucun doute. Pour cela, oui, je donne ma vie, pour la foi catholique, qui est parfaitement claire. Et c’est ainsi qu’ont fait toutes les générations précédentes pendant deux mille ans.
Je pense donc que, si nous interprétons ces papes de manière positive et bienveillante, nous pouvons dire qu’ils sont sincères, mais spirituellement trompés. Avec une bonne intention. Ils veulent accomplir ce qu’ils croient être la volonté de Dieu.
Mais en même temps — et c’est sur cela que je voudrais conclure ce point — je pense qu’un nombre considérable d’autres membres importants du clergé, cardinaux, évêques, etc., n’ont plus réellement la foi catholique, ils ont véritablement fondé une autre Église. Une Église à moitié protestante et à moitié adaptée à l’esprit du monde. Ou bien ils ont perdu la foi. Ils ne possèdent plus la foi catholique, même s’ils portent encore les titres de cardinaux, d’évêques, etc. Et ils ont été nombreux au cours des soixante dernières années, ils ont exercé une influence dans l’Église comme nonces, comme cardinaux influents, comme responsables de dicastères, comme évêques, etc.
Et eux aussi ont promu cette orientation, mais avec une conviction intérieure différente : celle de vouloir réellement transformer la foi catholique, de l’adapter complètement au monde, et d’établir une nouvelle religion relativiste, une sorte de syncrétisme.
Ainsi, ces deux attitudes sont présentes, il est difficile de préciser concrètement qui appartient à quelle catégorie, Dieu seul le sait. Mais ce que nous pouvons constater, ce sont les résultats, et les fruits sont une immense confusion générale, un obscurcissement, une ténèbre dans l’Église concernant la doctrine, la morale et la liturgie.
Les textes de Vatican II peuvent-ils être corrigés ?
L’entretien s’est porté sur la rencontre qui s’est tenue en février dernier entre l’abbé Davide Pagliarani, supérieur général de la Fraternité Saint-Pie X, et le cardinal Fernández, préfet du dicastère pour la Doctrine de la foi. Évoquant les ambiguïtés doctrinales présentes dans certains textes du concile Vatican II et les difficultés qu’elles continuent de susciter, Matt Gaspers a interrogé Mgr Schneider sur le refus du cardinal Fernández, qui soutient que ces textes ne peuvent pas être corrigés.
Mgr Schneider : Tout d’abord, cette déclaration du cardinal Fernández selon laquelle les textes ne peuvent pas être corrigés révèle l’intention de ce cardinal, ou de ceux qui pensent comme lui. Ils élèvent un concile pastoral ou des enseignements pastoraux non définitifs au rang d’enseignements infaillibles, or seuls les enseignements infaillibles de l’Église ne peuvent pas être modifiés. Ainsi, ils les placent fondamentalement sur le même plan.
Et c’est précisément ce qui se produit depuis soixante ans : ceux qui détiennent l’autorité dans l’Église traitent et considèrent Vatican II comme un enseignement infaillible de fait, on ne peut pas y toucher, même s’ils reconnaissent formellement qu’il ne s’agit pas d’un enseignement ex cathedra, même si Paul VI lui-même a déclaré qu’il ne s’agissait pas d’un enseignement définitif.
Malgré cela, ils ont introduit cette formule difficile que vous avez citée : « la soumission de l’intelligence et de la volonté » même à des enseignements non définitifs du pape, du magistère ou des évêques, autrement dit, à des affirmations pastorales qui ne sont pas définitives, et cela est excessif.
Je pense que cette expression est employée de manière erronée, cette formule apparaît dans Vatican I mais, dans ce contexte, elle se rapporte aux définitions ex cathedra, elle se rapporte à Dieu qui révèle. Nous devons soumettre notre intelligence et notre volonté à Dieu qui se révèle, non pas à un pape ou à un évêque lorsqu’ils émettent des déclarations non définitives. Je pense qu’il y a là un abus d’autorité, cette soumission n’est due qu’à Dieu et aux enseignements définitifs de l’Église. Là, oui, nous devons soumettre notre intelligence et notre volonté.
Je pense que ce fut une très mauvaise décision de Paul VI lorsqu’il introduisit cette formule dans la profession de foi de 1967. Avant cela, l’Église n’avait jamais employé une telle expression, jamais elle n'avait demandé à un catholique de soumettre son intelligence et sa volonté à des enseignements non définitifs, cette expression était réservée à Dieu et à la Révélation divine.
Je pense donc que cette décision a probablement servi de moyen pour contraindre, dans les faits, les catholiques à accepter des enseignements non définitifs, voire ambigus, de Vatican II, ainsi que l’ensemble du magistère postconciliaire non définitif.
Dans ce cas, cela signifierait que nous devons accepter et soumettre notre intelligence et notre volonté à la décision du pape François lorsqu’il a officiellement autorisé la communion pour les divorcés remariés. Il l’a écrit dans sa lettre aux évêques de Buenos Aires, cette lettre a été publiée dans les Acta Apostolicae Sedis et le cardinal secrétaire d’État a déclaré qu’elle constituait un acte authentique du magistère. Par conséquent, selon cette logique, nous devrions soumettre notre intelligence et notre volonté à cet enseignement : c’est impossible. Comment pourrions-nous éteindre notre intelligence ? Comment pourrions-nous accepter cette décision du pape François concernant la communion des divorcés remariés ? Ou encore Fiducia Supplicans. Cela aussi relève de ce que l’on appelle le magistère ordinaire quotidien de l’Église et pourtant nous ne pouvons pas l’accepter. C’est une violence faite à notre intelligence, c’est un abus du pouvoir pontifical.
Depuis des décennies, Rome cherche à obliger les catholiques à éteindre leur intelligence, et ici je rappelle la célèbre parole de Chesterton : « Nous, catholiques, lorsque nous entrons dans une église, on nous demande d’enlever notre chapeau, pas notre tête. » Nous ne pouvons pas abandonner notre intelligence, nous ne pouvons pas la laisser à la porte.
Et ensuite on nous dit : « Appliquez simplement l’herméneutique de la continuité. Faites quelques acrobaties intellectuelles et tout ira bien. » Non. Cela n'est pas intellectuellement honnête, c’est une blessure infligée à notre intelligence et jamais l’Église n'a demandé une chose pareille.
Lorsque quelque chose est clairement révélé par Dieu et proclamé par l’Église comme enseignement définitif, alors, bien sûr, nous devons y croire. Mais lorsqu’il ne s’agit pas d’un enseignement définitif, il faudrait employer une autre expression, une expression moins forte, car celle-ci formule une exigence extrêmement élevée qui ne convient qu’à Dieu. […] Que se passe-t-il intérieurement lorsque nous accomplissons un acte de foi ? Nous devons le faire avec notre conscience, nous sommes des êtres humains, nous devons agir avec notre raison et notre volonté. Lorsque je crois en une vérité révélée et que je l’accepte à cause de l’autorité de Dieu, que se passe-t-il dans mon âme ? Je soumets ma raison à Dieu qui révèle, je soumets ma volonté à Dieu qui révèle. Voilà la substance de l’acte de foi surnaturel.
Par conséquent, lorsqu’il s’agit d’obéir ou d’accepter des enseignements quotidiens ou non définitifs du magistère, il faudrait employer une autre expression, pas une expression aussi forte, car cette expression décrit l’acte intérieur de la foi.
Le cardinal Müller et l’obligation d’accepter Vatican II
La conversation s’est tournée vers les récentes déclarations du cardinal Gerhard Müller concernant le concile Vatican II. Tout en saluant son attachement à la défense de la foi catholique, Matt Gaspers a relevé plusieurs affirmations particulièrement catégoriques du cardinal allemand, notamment lorsqu’il écrit dans la revue Communio de mars 2026 que « le concile doit être accepté dans son intégralité par chaque catholique » et que « les affirmations de Nostra Aetate sont obligatoires comme un dogme ». Il a invité Mgr Schneider à commenter ces propos et leur portée doctrinale.
Mgr Schneider : C’est faux, ce n’est pas exact. Car, tout d’abord, Nostra Aetate n’est qu’une déclaration, ce n’est même pas un décret, et encore moins une constitution, c’est une déclaration, c’est-à-dire la forme la plus modeste parmi les documents conciliaires.
Ensuite, le concile lui-même, ainsi que Paul VI, ont explicitement déclaré que le concile n’avait pas l’intention de proclamer quoi que ce soit comme un dogme de foi ou comme un enseignement définitif obligeant tous les catholiques. Ce sont les paroles mêmes du secrétariat du concile en 1964, elles ont été répétées et confirmées par Paul VI le 12 janvier 1966, presque un mois après la clôture du concile.
Les faits sont donc clairs, je ne comprends pas cette affirmation, le cardinal Müller contredit directement le concile lui-même et Paul VI.
Matt Gaspers a abordé les difficultés soulevées par l’herméneutique de la continuité. S’appuyant sur plusieurs passages de l’encyclique Mortalium Animos de Pie XI au sujet de l’œcuménisme, il les a mis en regard de certaines orientations développées depuis Vatican II en matière de dialogue interreligieux. Il a interrogé Mgr Schneider sur les critères permettant de déterminer à quels enseignements les catholiques sont tenus d’adhérer lorsque certains textes paraissent difficilement conciliables entre eux.
Mgr Schneider : Pendant deux mille ans, tous les papes et tous les Pères de l’Église ont enseigné que ceux qui ne sont pas catholiques, ceux qui ne possèdent pas la vérité, doivent accepter la plénitude de la vérité et revenir à l’Église. Il n’y a qu’un seul chemin de salut : le Christ et son Église. C’est le Christ lui-même qui l’a proclamé, les Apôtres l’ont enseigné. Même saint Jean, l’apôtre de l’amour, écrit dans son épître que, lorsqu’un hérétique enseigne une fausse doctrine, on ne doit même pas le saluer, on ne doit pas le recevoir dans sa maison.
Vous voyez à quel point les Apôtres eux-mêmes étaient rigoureux afin d’éviter toute contamination par les erreurs doctrinales ou toute ambiguïté dans la foi. Tous les Pères de l’Église ont enseigné cela, tous les papes également, à quelques exceptions près, comme Honorius Ier et Jean XXII.
Puis nous arrivons à Vatican II, et depuis Vatican II jusqu’au pape Léon, nous trouvons malheureusement certaines affirmations ambiguës. Grâce à Dieu, elles ne sont pas définitives, mais elles demeurent ambiguës et elles ne peuvent pas être réconciliées avec la clarté de toute la tradition bimillénaire de l’Église.
Matt Gaspers a demandé à Mgr Schneider ce qu’il pensait de l’affirmation selon laquelle les textes conciliaires ne seraient pas seulement ambigus ou erronés, mais constitueraient les documents fondateurs d’une religion entièrement nouvelle.
Mgr Schneider : Je ne m’exprimerais pas de cette manière car les textes du concile contiennent de très nombreuses citations de dogmes antérieurs et d’enseignements traditionnels. On trouve, dans l’ensemble des documents conciliaires, de nombreuses affirmations conformes à la Tradition et nous pouvons évidemment nous en servir. Le concile a même apporté, dans certains domaines, un progrès doctrinal positif. Par exemple, il a affirmé le caractère sacramentel de l’ordination diaconale et de l’ordination épiscopale. […] Je précise cependant que le concile ne l’a pas fait sous la forme d’un dogme ou d’un enseignement définitif. Il l’a enseigné, mais sans définition dogmatique.
En revanche, il existe également dans Vatican II certaines tendances au naturalisme, une tendance vers une religion centrée sur l’homme, un anthropocentrisme, une tendance qui accorde la priorité aux réalités temporelles et matérielles au détriment de la primauté de la vie surnaturelle, de la grâce et de l’éternité. C’est, selon moi, la faiblesse fondamentale de cette orientation présente dans Vatican II. Bien sûr, il existe aussi dans le concile des textes qui parlent de la vie éternelle, ils sont bien présents, mais tout cela se trouve mêlé ensemble et particulièrement dans le document Gaudium et Spes. Gaudium et Spes constitue un véritable manifeste du naturalisme et de l’anthropocentrisme.
La Fraternité Saint-Pie X est-elle hors de la communion de l’Église ?
En conclusion de l'entretien, Matt Gaspers a interrogé Mgr Schneider sur les conséquences concrètes des avertissements adressés par le cardinal Fernández au sujet des consécrations épiscopales prévues le 1er juillet. Dans un communiqué publié le 13 mai dernier, le préfet du dicastère pour la Doctrine de la foi affirmait en effet que celles-ci « constitueront un acte schismatique », reprenant les termes du document Ecclesia Dei de Jean-Paul II. Il ajoutait que « l’adhésion formelle à ce schisme constitue une grave offense envers Dieu et entraîne l’excommunication prévue par le droit de l’Église ».
Mgr Schneider : Je pense que les fidèles, et la Fraternité elle-même, professent simplement la foi de toujours, ils professent la foi catholique, ils acceptent le pape, ils prient pour lui. C’est véritablement le minimum requis pour être en communion avec l’Église. Si cela ne constitue pas le minimum, alors quel est ce minimum ?
Pendant ce temps, la voie synodale allemande et d’autres évêques à travers le monde proclament ouvertement des hérésies, ils permettent même de véritables blasphèmes au cours des liturgies et tout cela demeure impuni. Ils ne sont ni sanctionnés ni même réprimandés, c’est pourquoi je considère cet avertissement comme injuste, c’est une injustice.
Nous devons continuer à prier pour le pape Léon afin que Dieu l’éclaire et lui fasse reconnaître ce minimum, car ce minimum, la Fraternité l’a déjà accompli par la déclaration de foi de l’abbé Pagliarani. Lorsque nous lisons cette déclaration de foi, nous devons l’accepter si nous sommes catholiques. Je pense même que toutes les communautés traditionnelles dites Ecclesia Dei, toutes celles que nous connaissons et qui célèbrent la messe traditionnelle latine, accepteraient naturellement cette déclaration. Parce qu’elle est catholique, je ne peux pas imaginer qu’elles ne l’acceptent pas.
Par conséquent, excommunier des personnes qui professent cette foi et qui affirment à plusieurs reprises qu’elles reconnaissent le pape, qu’elles veulent servir l’Église romaine, mais qui se trouvent devant un véritable dilemme de conscience, serait une injustice car, si elles ne procédaient pas à ces consécrations, leur œuvre finirait par disparaître et ce serait un dommage pour toute l’Église. Parce que la Fraternité Saint-Pie X, comme Mgr Lefebvre, se comprend uniquement comme une œuvre au service de l’Église. Non pas pour elle-même, mais pour les âmes, simplement pour transmettre aux générations futures le trésor de l’intégrité de la foi catholique, professée publiquement et sans aucune ambiguïté. Pour transmettre l’intégrité de la liturgie, pour transmettre une formation sacerdotale authentique, voilà comment elle comprend sa mission, comme un service rendu à l’Église, comme un service rendu même au Saint-Siège et aux papes.
Mais malheureusement, les autorités romaines actuelles ne voient pas les choses ainsi, elles ne le reconnaissent pas parce qu’elles souhaitent probablement un autre modèle d’Église, une Église moins traditionnelle.
Ainsi, la Fraternité Saint-Pie X, avec sa clarté sans compromis dans la doctrine, dans la liturgie et dans la formation sacerdotale, n’est probablement pas la bienvenue aux yeux de certains responsables romains, cette clarté les dérange.
Et finalement, nous revenons toujours au même problème : « Vous devez accepter Vatican II. Vous devez accepter la voie actuelle de l’Église issue du Concile Vatican II. »
Voilà la racine du problème, nous devons toujours revenir à cette question fondamentale et nous devons avoir confiance dans le Seigneur, le Seigneur tient son Église entre ses mains. Il interviendra de nouveau, certainement et il nous donnera à nouveau des papes pleinement catholiques et pleinement traditionnels, cela viendra certainement. Pourquoi ? Parce que le Saint-Siège est une institution fondée par le Seigneur lui-même, et les portes de l’enfer ne prévaudront pas.
Aujourd’hui, nous ne faisons que traverser une période temporaire d’obscurcissement, une sorte d’exil temporaire, comme il y eut l'exil d’Avignon pendant soixante-dix ans.
Peut-être vivons-nous aujourd'hui quelque chose de semblable : soixante années d’exil de la clarté doctrinale, soixante années d’exil de la clarté liturgique, et cela aussi prendra fin, certainement. Il ne nous appartient pas d’en connaître le moment, cela appartient au Seigneur. Lui connaît déjà ce moment, et il interviendra.
(Sources : Veritatis Vox / Vatican News / FSSPX Actualités)
Photo : capture d'écran YouTube Vatican News