N°181 - SOMMAIRE
- Editorial
- Vie spirituelle : "Les gloires de Marie" de Saint Alphonse de Liguori
- Dossier : Fssp, Fsspx, quelles différences?
- Histoire :Un heureux rescapé : Richard de Bruxelles
- Pédagogie : Les devoirs du soir
- Vie du prieuré - Chronique - Dates à retenir - Carnets paroissiaux
« Je vous ai donné l’exemple, afin que, comme je vous ai fait, vous fassiez aussi vous-mêmes » (Saint Jean, XIII, 34)
Editorial
La naissance de notre Sauveur a comblé nos âmes d’une grande joie. Elle est le sceau infaillible de l’amour de Dieu pour chacun d’entre nous. Elle est la marque indiscutable de sa fidélité à ses promesses. Comme il l’avait promis, le Verbe s’incarne en effet pour nous sauver en redonnant la vie surnaturelle que nous avions perdue.
Nous sommes néanmoins dans l’étonnement : comment se fait-il qu’un événement d’une telle ampleur ne soit pas révélé aux hommes du monde entier ? Pourquoi Dieu est-il un Dieu caché à Bethléem ? Parce que Dieu, dans sa miséricorde, veut nous sauver en se faisant d’abord l’un d’entre nous. Il veut nous prendre là où nous sommes et nous montrer la voie concrète à suivre pour atteindre le royaume de Dieu : « Je vous ai donné l’exemple, afin que, comme je vous ai fait, vous fassiez aussi vous-mêmes » (Saint Jean, XIII, 34). Il apparaît sous les traits d’un enfant pour se rendre accessible aux hommes.
Cependant, Dieu le Père décrète que la naissance temporelle de son Fils soit révélée à certains. Tout d’abord aux humbles et aux petits dans la personne de ses parents et des bergers. Puis, c’est à des rois que le mystère de l’Incarnation est découvert. Les mages venus d’Orient ont en effet suivi l’Étoile qui a parlé à leur cœur : « Accoutumés à observer les corps célestes, (la naissance du Christ) leur fut manifestée par le signe de l’étoile. Comme dit saint Jean Chrysostome : “Par condescendance, Dieu a voulu les appeler par des signes qui leur étaient familiers” » (Saint Thomas, Somme théologique, IIIa pars, q36, art. 5).
Il fallait que le Verbe se révèle aux grands de la terre. Pourquoi ? Parce que l’Enfant-Jésus est créateur des petits comme des rois, des individus comme des sociétés. Notre-Seigneur Jésus-Christ rappelle ainsi sa primauté absolue sur la création et sur la créature. Tous doivent lui rendre hommage parce qu’il est Dieu et parce qu’il est devenu chef de l’Humanité en vertu de l’union hypostatique (sa personne assume deux natures, humaine et divine) et de son sacerdoce.
D’ailleurs, les rois mages ne s’y sont pas trompés. C’est bien à un roi et à un Dieu qu’ils décident de manifester leur adoration. Ils Lui offrent leur couronne parce que leur pouvoir vient de Lui et doit être soumis à sa puissance souveraine. Et saint Augustin de conclure : « Ce n’est donc pas à un roi des Juifs ordinaire que ces visiteurs, venus de loin et totalement étrangers à ce royaume, pensaient devoir rendre de si grands honneurs. Mais le roi dont ils avaient appris la naissance était tel qu’en l’adorant, ils ne doutaient absolument pas d’obtenir le salut auprès de Dieu ». Cet acte de foi et d’humilité devrait servir d’exemple aux rois et aux princes de la terre. Bien loin de porter ombrage à leur autorité, les monarques trouveront en cet Enfant la sagesse pour gouverner, la prudence pour juger, la force pour décider. Saint Jean Chrysostome, cité par saint Thomas, enseigne d’ailleurs qu’en considérant le Roi à venir, les rois mages ne craignaient pas le roi présent (Hérode). Ils n’avaient pas encore vu le Christ et déjà ils étaient prêts à mourir pour Lui. Le Verbe incarné apporte en effet le courage aux rois qui veulent combattre le mal et le péché. La loi et la grâce qu’Il est venu apporter au monde sont le secret du bonheur des peuples.
Dans nos temps imprégnés de laïcité, l’exemple des rois mages manifeste à nos yeux cette nécessité du règne social de Notre-Seigneur Jésus-Christ pour permettre à l’État de durer, de prospérer et aux citoyens de se sauver. La mission de la Sainte Église est de rappeler les monarques à leurs devoirs. C’est alors qu’elle sera réellement artisan de paix.
Que saint Joseph vous bénisse !