La garde des yeux

N°183 - SOMMAIRE
- Editorial :

La garde des yeux

L’église Saint-Joseph de son origine à nos jours.

Histoire : La recluse qui réforma l’Ordre de Saint-François : la vie de Sainte Colette de Corbie (1381-1446)

Pédagogie : Le faux témoignage

Vie du prieuré : Chronique- Dates à retenir - Carnets paroissiaux

 

« Restons en paix ! Gardons la sérénité de notre âme"

Editorial

Nous sommes tous émerveillés de la paix et de la sérénité qui se dégagent de l’âme du patriarche saint Joseph. Le père putatif du Verbe de Dieu n’a pourtant pas été épargné par les desseins de la Providence : épreuve de la maternité virginale de Marie, recherche infructueuse d’un lieu pour recevoir l’Enfant-Jésus, annonce de la Passion de Jésus et de Marie au temple de Jérusalem, exil en Égypte, perte et recouvrement de son enfant, douleur quotidienne à Nazareth dans la préparation de la divine victime pour le sacrifice expiatoire. Au milieu de ces tribulations, saint Joseph garde pourtant une grande sérénité intérieure. Il est stable dans sa volonté de servir Dieu. Cette présence apaisante du patriarche a très certainement soutenu la Mère de Dieu. Et qu’on n’aille pas croire que son silence soit la manifestation d’une quelconque insouciance ou indifférence aux souffrances de son épouse et de celles de son enfant. « Votre père et moi, tout affligés, nous vous cherchions », dit Notre-Dame au moment où ils retrouvent Jésus au temple de Jérusalem après trois jours de pénible recherche. 

D’où vient cette paix intérieure inébranlable ?

 

De son espérance. Le saint patriarche a la certitude du secours tout puissant de Dieu. Il sait que Dieu est fidèle et que l’épreuve a toujours un sens qui sert à l’édification de son âme et du Corps Mystique du Christ. Joseph met toute sa confiance en Dieu. Pour lui, l’essentiel est la possession de Dieu. Servir Dieu comme Dieu le veut, tel est son idéal de vie. Il voit sans cesse l’action mystérieuse de la Providence dans toutes ses joies et dans toutes ses épreuves. Il sait que Dieu a ses voies qui ne sont pas les siennes. L’espérance le garde de toute présomption et de tout désespoir. Le mot du psalmiste se vérifie pleinement à son égard : « Agissez avec courage, et que votre cœur soit réconforté, vous tous qui espérez dans le Seigneur. » Ps. XXX, 25.

 

De sa charité. Saint Augustin énumère quatre objets de cette vertu théologale : Dieu, son âme, son prochain et son propre corps. Saint Joseph aimait Dieu de tout son cœur, de toutes ses forces, de tout son esprit. Cette charité intense englobait tous les autres objets. Aimant Dieu et se sachant aimé de lui, Joseph ressentait les effets de la charité cités par saint Thomas, dont la joie et la paix. Le mal est-il si grave que cela quand on se sait aimé de Dieu et que l’on veut toujours accomplir sa volonté ? Être aimé de Dieu c’est être possédé par lui et c’est le posséder dans son âme. Qui a Dieu dans son cœur a tout. Qui ne L’a pas n’a rien et est pauvre de tout. 

 

De sa force. Se confiant toujours en Dieu, ne mettant son espérance qu’en Lui, le possédant par la grâce, saint Joseph supporte tout. Il persévère dans la pratique des vertus ordinaires et domestiques. Rien ne peut le perturber au fond de son âme, même si la douleur, l’angoisse et la crainte furent, dans certaines circonstances, bien réelles et intenses. Sa foi surnaturelle lui fait juger toute chose à la lumière de l’éternité. Joseph n’est pas de la terre. Il est déjà du Ciel. Bel exemple pour nous. 

 

Nous vivons en effet une période trouble, délicate, de l’histoire de l’Église et de celle de notre chère Fraternité : crise de la barque de Pierre qui s’enlise dans des réformes de plus en plus mortifères ; annonce des sacres épiscopaux de la Fraternité sous fond de menaces injustes de la part des plus hautes autorités romaines ; réactions excessives qui s’entrechoquent notamment par le biais des réseaux sociaux. Que faire ?

 

Restons en paix ! Gardons la sérénité de notre âme. Ne laissons personne nous troubler par des considérations ou des menaces parfois trop humaines. Parce que nous voulons servir Dieu de toutes nos forces, nous voulons servir la Sainte Église, nous voulons sauver notre âme. Parfois, certes, nous sommes maladroits, parfois nous pouvons ne pas être très fidèles. Souvent notre fragilité nous déstabilise, quelquefois notre misère nous décourage. Mais nous voulons aimer Dieu par-dessus tout et aider de tout notre cœur la Sainte Église dans sa mission à la fois enthousiasmante et difficile. Nous essayons alors pour Dieu et pour l’Église d’accomplir du mieux possible notre devoir d’état ; nous nous occupons de nos familles, de nos enfants et de leur avenir parce que c’est celui de la Sainte Église ; il nous arrive d’aider le prochain par le bon exemple, par de bons conseils, par des prières à son intention. Eh bien, c’est tout ce que Notre-Seigneur  nous demande; et c’est tout ce qu’a fait saint Joseph. 

Personne ne nous demande de résoudre la crise de l’Église. A la Fraternité, la Providence demande par les faits de continuer ce que les Anciens ont transmis. C’est notre seule ambition. Le reste appartient à Dieu. Restons donc dans le calme, la paix et la prière. 

Que saint Joseph nous bénisse et protège notre chère Fraternité, ses évêques, ses prêtres, ses religieux, ses religieuses, ses fidèles et toutes ses œuvres !