Dévotions des premiers vendredis et samedis du mois

N°186 - SOMMAIRE
- Editorial 

Dévotions des premiers vendredis et samedis du mois

Hommes et femmes : comment s'habiller pour la messe ?

Histoire : La recluse à l’origine de la Fête-Dieu : la vie de la bienheureuse Eve de Saint-Martin (+ 1265)

Pédagogie : A chacun son sac à dos

Vie du prieuré : Chronique- Dates à retenir - Carnets paroissiaux

 

« C’est vraiment être d’Église que de continuer à transmettre ce que nous avons reçu »

Editorial

Le 1er juillet prochain, notre chère Fraternité se trouvera à nouveau au cœur du mystère de la Providence qui gouverne son Église avec sagesse. Elle demande en effet à cette petite portion de l’Église de reproduire l’acte prudentiel effectué par notre vénéré fondateur pour sauvegarder la Tradition catholique en assurant la transmission du sacerdoce catholique.

Ces nouvelles consécrations épiscopales susciteront malheureusement les mêmes condamnations que celles survenues en 1988, comme l’a déclaré le cardinal Fernandez, mercredi 13 mai 2026 : « les ordinations épiscopales annoncées par la Fraternité sacerdotale Saint-Pie X ne sont pas accompagnées du mandat pontifical correspondant. Ce geste constituera « un acte schismatique » (Jean-Paul II, Ecclesia Dei, n° 3) et « l’adhésion formelle au schisme constitue une grave offense à Dieu et entraîne l’excommunication prévue par le droit de l’Église ». 

Nous le savons, et certains canonistes l’ont démontré, cette sentence est infondée en droit (cf. canon 1323, n°7) et par conséquent profondément injuste pour ceux qui veulent rester catholiques et qui, de fait, le sont. D’ailleurs, Monseigneur Athanasius Schneider, évêque auxiliaire d’Astan, dans un entretien accordé le 15 mai dernier à EWTN, une télévision catholique, souligne la différence de traitement réservée à la Fraternité Saint-Pie-X et à ceux qui se sont éloignés de la foi catholique : « Alors que le pape Léon et le Vatican promeuvent l’inclusivité du chemin synodal, des méthodes synodales, alors qu’ils sont généreux avec la Voie synodale allemande, généreux avec le Parti communiste chinois en lui accordant d’ordonner des évêques là-bas, le contraste est immense. Et ces fidèles de la Fraternité Saint-Pie X, qui aiment le pape, qui prient pour le pape, qui veulent simplement avoir la garantie de transmettre la foi de toujours sans aucune ambiguïté — j’insiste : sans aucune ambiguïté — se voient refuser cela, et maintenant ils sont punis. » Et de poursuivre plus loin : « Je pense que si le pape fait cela, s’il ne leur accorde pas cette permission et les excommunie, cela restera dans l’histoire comme une immense erreur de rigidité, de rigidité pastorale, et de sévérité unilatérale envers la Tradition dans l’Église. » Dieu récompensera certainement ce véritable successeur des apôtres pour sa défense courageuse de la foi et de la vérité. 

Pour nous, peut-être, la tentation de sombrer dans l’amertume est forte tant l’injustice est profonde. La tentation d’abandonner l’Église qui, à travers certains membres de sa hiérarchie, condamne ceux qui veulent rester fidèles, pourrait être grande. La tentation d’une certaine radicalité dans la défense de la foi peut paraitre séduisante. Ou, au contraire, la tentation d’un certain « quiétisme » peut se montrer rassurante. Elle consisterait à omettre d’agir pour éviter ce qui peut apparaître comme une désobéissance à l’autorité. Cependant, Notre-Seigneur gouverne son Église par sa hiérarchie, par ses membres, causes secondes et instrumentales. Les membres doivent donc exercer leurs facultés, leur prudence pour permettre à l’Église de se diriger constamment vers sa fin. Certes, l’Esprit Saint, âme de l’Église, apporte son soutien aux membres. Mais il ne va pas jusqu’à gouverner cette société sans ceux-ci. Dans sa conférence du 15 juin 1988, quelques jours avant les sacres, Monseigneur Lefebvre déclarait : « J’ai écrit dans mon livre Lettre ouverte aux catholiques perplexes – j’ai terminé par là – Je ne veux pas quand le Bon Dieu me rappellera, qu’Il me dise : « qu’est-ce que tu as fait là-bas sur la terre ? Tu as contribué à démolir l’Église aussi. » Ce n’est pas vrai. Je n’ai pas contribué à démolir l’Église. J’ai contribué à la construire. Ceux qui la démolissent, ce sont ceux qui diffusent des idées qui détruisent l’Église et qui ont été condamnés par mes prédécesseurs. »

Les sacres épiscopaux n’ont pas d’autre objet que de continuer l’Église et ne seront effectués que dans l’esprit de l’Église. Ils ne sont entrepris ni dans l’amertume ni dans un esprit de révolte. Ils ne sont que l’assurance que nous donnons aux prêtres et aux fidèles de recevoir une foi et des sacrements pleinement catholiques.

A l’approche du 1er juillet, entrons bien dans ces sentiments qui garderont nos cœurs dans la paix. Car, finalement, c’est vraiment être d’Église que de continuer à transmettre ce que nous avons reçu.