Il y a 35 ans, Mgr de Castro Mayer rendait son âme à Dieu
Mgr Marcel Lefebvre (1905–1991) et Mgr Antonio de Castro Mayer (1904–1991) : un même combat pour l'Église.
Rappelé à Dieu le 26 avril 1991 à Campos, cet évêque brésilien fut un véritable pasteur, gardien vigilant du dépôt de la foi face aux erreurs modernes. En s’associant à Mgr Marcel Lefebvre lors des sacres épiscopaux d’Écône le 30 juin 1988, il posa un acte de courage nécessaire pour assurer la survie du sacerdoce et de la messe de toujours. Jusqu’à son dernier souffle, Mgr de Castro Mayer demeura fidèle à Rome éternelle, refusant les compromissions avec les erreurs de son temps.
Né en 1904 dans la ville de Campinas (état de São Paulo), fils d’un immigré allemand et d’une Brésilienne, il a eu une enfance très pauvre. Orphelin à l’âge de 6 ans, lui et ses onze frères n’ont hérité qu’un seul bien précieux : la foi catholique. Deux de ses sœurs sont devenues religieuses et Antônio a rejoint le séminaire à l’âge de 12 ans. Élève brillant, il a été envoyé à Rome, à l’Université grégorienne, où il a terminé ses études. Il fut ordonné prêtre par le cardinal Basilio Pompilj en 1927 et, l’année suivante, il reçut le titre de docteur en théologie de la même université. De retour au Brésil, il a été professeur au séminaire archidiocésain de São Paulo pendant 13 ans. En 1940, il est nommé chanoine et trésorier de la Cathédrale métropolitaine de São Paulo et, l’année suivante, il devint vicaire général de l’archidiocèse.
Avec la mort de l’archevêque de São Paulo, Mgr José Gaspar D’Afonseca e Silva, dans un accident d’avion à Rio de Janeiro en 1943, Carlos Carmelo de Vasconcelos Motta assume, l’année suivante, l’archidiocèse. Peu de temps après, Mgr de Castro Mayer est démis de ses fonctions et nommé curé de l’église St Joseph du Bethlehem, dans un quartier très pauvre de la périphérie de São Paulo. Bien qu’on ne puisse que faire des conjectures sur l’évidente rétrogradation de Mgr de Castro Mayer avec l’arrivée de Carlos Carmelo, on sait que celui-ci a été le fondateur de la Conférence nationale des évêques du Brésil (CNBB), laquelle, dans les décennies suivantes, deviendra un grand adversaire de Mgr de Castro Mayer et se révèlera comme l’agent moteur du marxisme et du modernisme au Brésil.
Évêque de Campos
L’ostracisme de Mgr Antônio de Castro Mayer prend fin avec sa nomination inattendue, en mars 1948, comme évêque coadjuteur du diocèse de Campos dos Goytacazes, devenant son évêque titulaire l’année suivante. La ville de Campos, à 300 km de Rio de Janeiro, avec alors 700 000 habitants et un important pôle pétrochimique, n’était cependant pas un diocèse de premier plan.
La tempête approche
Il y a exercé son épiscopat de manière exemplaire, en tant que père et pasteur. Il avait la capacité de se déplacer parmi ses fidèles et de se mêler à eux dans la vie de tous les jours sans en aucune manière diminuer ou défigurer son autorité. Il a vécu la vie de son diocèse avec les fidèles dans tous ses aspects les plus ordinaires, mais il a toujours conservé sa dignité d’évêque.
Anticipant la grande crise de l’Église, déjà infiltrée par tant de religieux infidèles et leurs hérésies, il écrivit dans les années 1950 et 1960 des lettres pastorales s’attaquant au modernisme et au communisme, qui ne faisaient que lui accroître ses ennemis – au Brésil et à Rome. Pendant le Concile Vatican II, il a aidé à fonder et à diriger le groupe Coetus Internationalis Patrum, formé par plus de 250 pères conciliaires, qui ont tenté d’empêcher le Magistère et la Tradition de l’Église d’être anéantis par le parti moderniste pendant les délibérations conciliaires. Le groupe a même recueilli les signatures de plus de 500 pères conciliaires demandant au Saint-Père une réfutation expresse du communisme, à laquelle il n’a jamais été répondu.
Le lion rugit
En 1973, le pape Paul VI lui ordonna d’exprimer librement son opinion, si en conscience il n’était pas d’accord avec les actes de l’actuel Magistère ordinaire de l’Église. Mgr Antônio de Castro Mayer écrivit alors, en janvier 1974, la lettre suivante à Paul VI :
« […] Au fil des années, a pris forme dans mon esprit la conviction que Vos actes officiels n’ont pas, avec ceux des Pontifes qui Vous ont précédés, cette consonance que j’ai voulu y voir de toute mon âme. Ce n’est pas, bien entendu, d’actes assurés par le charisme de l’infaillibilité. Ainsi, cette conviction qui est la mienne n’ébranle en rien ma croyance sans restriction dans les définitions du Concile Vatican I.
Craignant d’abuser du temps précieux du Vicaire du Christ, je m’excuse de toute autre considération et me borne à soumettre à l’attention de Votre Sainteté trois études :
1. À propos de « Octogésima Adveniens » ;
2. À propos de la liberté religieuse ;
3. À propos du nouvel « Ordo Missae ». (Ce dernier a été rédigé par l’avocat Arnaldo Vidigal Xavier da Silveira, dont je m’associe au contenu).
Il sera superflu d’ajouter que dans cette étape, comme dans d’autres de ma vie, j’accomplirai, dans toute la mesure prescrite par les lois de l’Église le devoir sacré d’obéissance. Et dans cet esprit, avec le cœur d’un fils ardent et très dévoué du Pape et de la Sainte Église, j’accueillerai toute parole de Votre Sainteté sur ce matériel.
D’une manière particulière, je prie Votre Sainteté de me déclarer :
A. S’il y a une erreur dans la doctrine exposée dans les trois études ci-jointes ;
B. Si Vous voyez dans l’attitude prise dans lesdites études à l’égard des documents du Magistère suprême quelque chose qui soit en désaccord avec le respect que je lui dois en tant qu’évêque. […] »
Mgr de Castro Mayer n’a jamais reçu de réponse à cette lettre. Mais il a continué à être le berger de ses brebis. Et à célébrer la messe traditionnelle jusqu’à sa retraite forcée, à l’âge de 75 ans, en 1981. Ainsi, Campos était le seul diocèse au monde où la messe traditionnelle latine continuait à être célébrée sans interruption par tout son clergé malgré l’avènement du « novus ordo ». Et, comme le père ne prend pas retraite de sa paternité, Mgr de Castro Mayer n’a pas non plus abandonné ses ouailles attachées à la messe de toujours après avoir été contraint de prendre sa retraite : il a fondé l’Union sacerdotale Saint-Jean-Marie-Vianney, où il a accueilli la majorité des prêtres de son diocèse (336 d’entre eux !) et plus de 40 000 fidèles qui ont perdu leurs paroisses lorsque le nouvel évêque qui a assumé le diocèse a décidé de mettre en œuvre Vatican II de force, éliminant tout ce qui rappelait la tradition catholique.
Mgr de Castro Mayer et Mgr Lefebvre
La plupart des évêques brésiliens qui s’étaient unis dans la défense de l’Église ont, au fil du temps, cédé, préférant une obéissance fausse et confortable à la défense de la vérité catholique, et provoquant la destruction de la foi dans ce qui était alors plus grand pays catholique du monde, aujourd’hui pâturage pour les pentecôtistes, agnostiques et superstitieux. Le seul soutien et ami fidèle a été l’évêque français Mgr Marcel Lefebvre, avec qui, après des appels répétés sans réponse au pape Jean-Paul II afin d’ordonner des évêques respectueux de la tradition, et après la scandaleuse rencontre œcuménique d’Assise en 1986, où l’on a vu le même malheureux pape embrasser le Coran et introduire toutes sortes de divinités païennes dans le Temple de Dieu, compte tenu de l’état de nécessité de l’Église, ils ont ordonné quatre évêques à Écône, en Suisse, le 30 juin 1988.
Ce qui était présenté autrefois comme l’exagération d’une minorité devient de plus en plus évident avec les années : si l’on compare les effets du « printemps de Vatican II » avec ceux de la Tradition, le contraste est flagrant. Le pape Benoît XVI a d’ailleurs retiré en 2009 toutes les excommunications injustes liées aux ordinations épiscopales à Écône, sans que les évêques impliqués n’aient eu à exprimer la moindre rétractation ou reconnaissance d’avoir agi de manière erronée.
Aujourd’hui, grâce aux sacres épiscopaux de 1988 accomplis avec héroïsme par Mgr Lefebvre et Mgr de Castro Mayer, la Tradition dispose d’évêques pour que le commandement de Notre-Seigneur à ses apôtres le soir du Jeudi Saint perdure : « Faites ceci en mémoire de moi » (Luc 22, 19.)
Déclaration de Mgr de Castro Mayer aux sacres du 30 juin 1988
« Ma présence ici à cette cérémonie a pour cause un devoir de conscience : celui de faire une profession de foi catholique devant toute l’Église et plus particulièrement devant S. Exc. Mgr Lefebvre, devant tous les prêtres, religieux, séminaristes et fidèles ici présents.
Saint Thomas d’Aquin enseigne qu’il n’y a pas d’obligation de faire une profession publique de foi en toute circonstance. Mais quand la foi est en danger, il est urgent de la professer fut-ce au risque de sa propre vie.
C’est la situation dans laquelle nous nous trouvons, nous vivons une crise sans précédent de l’Église. Crise qui touche l’Église dans son essence, dans sa substance même qui est le Saint Sacrifice de la messe et le sacerdoce catholique, deux mystères essentiellement unis parce que, sans le sacerdoce il n’y a pas de Saint Sacrifice de la messe, par conséquent aucune forme de culte.
C’est également sur cette base qu’on construit le règne social de Notre Seigneur Jésus-Christ. À cause de cela, puisqu’il s’agit de la conservation du sacerdoce et de la Sainte Messe et malgré les demandes et les pressions de plusieurs, je suis ici afin d’accomplir mon devoir : faire une profession publique de foi.
Il est douloureux de constater le lamentable aveuglement de tant de confrères dans l’épiscopat et dans le sacerdoce qui ne voient pas ou qui ne veulent pas voir la crise actuelle, ni la nécessité, afin d’être fidèle à la mission que Dieu nous a confiée, de résister au modernisme régnant.
Je veux manifester ici mon adhésion sincère et profonde à la position de S. Exc. Mgr Marcel Lefebvre dictée par sa fidélité à l’Église de tous les siècles. Nous deux nous avons bu à la même source qui est celle de la Sainte Église catholique, apostolique et romaine.
Que la très Sainte Vierge Marie Notre Mère, qui, à Fatima, nous a maternellement avertis au sujet de la gravité de la situation actuelle, nous donne la grâce de pouvoir par notre attitude, aider et éclairer les fidèles, de telle manière qu’ils s’éloignent de ces erreurs pernicieuses dont ils sont victimes, trompés qu’ils sont par beaucoup de personnes qui ont reçu la plénitude du Saint-Esprit.
Que Dieu bénisse Monseigneur Lefebvre et son œuvre. »
Un refus net de la nouvelle messe et des erreurs conciliaires
Cinq mois après la promulgation de la nouvelle messe par le décret du 6 avril 1969 (jour de Pâques), l'évêque brésilien affirme au pape Paul VI que celle-ci est irrecevable dans son diocèse.
Au printemps 1969, le pape Paul VI avait décrété qu’une nouvelle messe serait instituée. Ce n’était pas seulement un scandale en raison de son rapprochement avec la conception protestante de la cène, c’était aussi une tentative d’écraser le rite bimillénaire de l’Eglise afin d’opérer son remplacement.
Lorsque Mgr de Castro Mayer, évêque de Campos (Brésil) reçu la lettre de promulgation du nouveau rite, il n’a pas dit un mot, mais a appelé sa voiture et un chauffeur, puis a demandé à être conduit au séminaire diocésain, à l’extrémité nord du diocèse, à 150 km de Campos. Après la journée de route dans un silence angoissé, il entra au séminaire, la lettre toujours en main, et, l’air pâle, tendu et choqué, il la tendit au père José Possidente, directeur du séminaire. Et puis il a parlé pour la première fois depuis qu’il a ouvert et lu la lettre : « Ce n’est pas possible, ce n’est pas possible ; je ne l’accepterai pas », et les larmes jaillirent de ses yeux.
Une grande tristesse s’est emparée de l’évêque et, dans son âme, cette douleur, une douleur ressentie par tous les fidèles qui ont connu et aimé la messe, n’est jamais passée. Ce joug n’était pas facile à porter ; ce fardeau n’était pas léger. Mais cela ne changerait pas son sens du devoir. On lui avait confié une tâche à accomplir et il continuerait de le faire. Il devait préserver la foi dans son diocèse et maintenant aussi la messe. Il s’arma des armes d’un évêque : mitre, crosse et anneau, signes d’autorité qui lui étaient donnés dans sa consécration, et prit la plume. Cinq mois plus tard, le Pape Paul VI reçut à Rome la lettre suivante.
Lettre au Pape Paul VI du 12 septembre 1969
Très Saint Père,
Ayant examiné attentivement le Novus Ordo Missae, qui doit entrer en vigueur le 30 novembre prochain, après avoir beaucoup prié et réfléchi, j’ai jugé de mon devoir, comme prêtre et évêque, de présenter à Votre Sainteté, mon angoisse de conscience, et formuler, avec la pitié et la confiance filiales que je dois au Vicaire de Jésus-Christ, une supplique.
Le Novus Ordo Missae, tant par les omissions et changements introduits dans l’Ordinaire de la Messe, que par un grand nombre de ses normes générales indiquant le concept et la nature du nouveau Missel, n’exprime pas, dans ses points essentiels, comme il le devrait, la Théologie du Saint Sacrifice Eucharistique, établie par le Sacré Concile de Trente, dans sa session XXIIe. Fait, que le simple catéchisme ne parvient pas à contrebalancer. En annexe, je joins les raisons qui, je le pense, justifient cette conclusion.
Les raisons d’ordre pastoral qui, éventuellement, pourraient être invoquées en faveur de la nouvelle structure de la Messe, en premier lieu, ne peuvent arriver à faire oublier les arguments d’ordre dogmatique qui militent en sens contraire. De plus, ils ne paraissent pas conséquents. Les changements qui ont précédé et préparé le Novus Ordo n’ont pas contribué à augmenter la Foi et la piété des fidèles. Au contraire, ils nous ont laissés remplis d’appréhension, appréhension que le Novus Ordo a augmentée. Par voie de conséquence, a été favorisée l’idée qu’il n’y a rien d’immuable dans la Sainte Église, pas même le Très Saint Sacrifice de la Messe.
En outre, comme je le signale dans les annexes ci-jointes, le Novus Ordo non seulement n’inspire pas la ferveur, mais encore il exténue la foi dans les vérités centrales de la vie catholique, telle la présence réelle de Jésus dans le Très Saint Sacrement, la réalité du sacrifice propitiatoire, le sacerdoce hiérarchique.
J’accomplis ainsi un impérieux devoir de conscience, demandant humblement et respectueusement à Votre Sainteté qu’Elle daigne, par un acte positif qui élimine tout doute, nous autoriser à continuer à user de l’Ordo Missae de S. Pie V, dont l’efficacité dans le développement de la Sainte Église et l’accroissement de la ferveur des prêtres et des fidèles, est rappelée, avec tant d’onction, par Votre Sainteté.
Je suis sûr que la Bienveillance Paternelle de Votre Sainteté ne laissera pas d’éloigner les perplexités que j’ai dans mon cœur de prêtre et d’évêque.
Prosterné aux pieds de Votre Sainteté, avec obéissance humble et pitié filial, j’implore la Bénédiction Apostolique.
Mgr de Castro Mayer, Campos le 12 septembre 1969.
Lettre ouverte à Jean-Paul II de Mgr Lefebvre et de Mgr de Castro Mayer
Le 9 décembre 1983, Mgr Lefebvre a convoqué la presse à l’aéroport français Charles-de-Gaulle, à Roissy, dans le but de faire « une importante communication ». Au cours de cette conférence de presse, le fondateur du séminaire d’Ecône a remis aux journalistes le texte d’une lettre ouverte au pape cosignée par Mgr Antonio de Castro Mayer, qui a été contraint de démissioner de son siège de Campos en septembre 1981. Cette lettre est suivie d’un « bref résumé des principales erreurs de l’ecclésiologie conciliaire » :
Très Saint-Père,
Que Votre Sainteté nous permette, avec une franchise toute filiale, de lui soumettre les réflexions suivantes :
La situation de l’Église est telle, depuis vingt ans, qu’elle apparaît comme une cité occupée.
Des milliers de membres du clergé et des millions de fidèles vivent dans l’angoisse et la perplexité en raison de « l’autodestruction de l’Église ». Les erreurs contenues dans les documents du Concile Vatican II, les réformes postconciliaires et spécialement la réforme liturgique, les fausses conceptions diffusées par des documents officiels, les abus de pouvoir accomplis par la hiérarchie les jettent dans le trouble et le désarroi.
En ces circonstances douloureuses, beaucoup perdent la foi, la charité se refroidit, le concept de la véritable unité de l’Église disparaît dans le temps et dans l’espace.
En notre qualité d’évêques de la sainte Église catholique, successeurs des apôtres, nos cœurs sont bouleversés à la vue de tant d’âmes, dans le monde entier, désorientées et désireuses pourtant de demeurer dans la foi et la morale qui ont été définies par le magistère de l’Église et qui par elle ont été enseignées d’une manière constante et universelle.
Nous taire dans cette occurrence nous semblerait devenir complices de ces mauvaises œuvres (cf. 2 Jn 11).
C’est pourquoi, considérant que toutes les démarches que nous avons faites en privé depuis quinze ans sont demeurés vaines, nous nous voyons obligés d’intervenir publiquement auprès de Votre Sainteté afin de dénoncer les causes principales de cette situation dramatique et de la supplier d’user de son pouvoir de Successeur de Pierre pour « confirmer ses frères dans la foi » (Lc 22, 32) qui nous a été fidèlement transmise par la Tradition apostolique.
A cet effet, nous nous permettons de joindre à cette lettre une annexe contenant les erreurs principales qui sont à l’origine de cette situation tragique et qui, d’ailleurs, ont déjà été condamnées par vos prédécesseurs.
La liste qui suit en donne l’énoncé, mais n’est pas exhaustive :
- 1. Une conception « latitudinariste » et oecuménique de l’Église, divisée dans sa foi, condamnée particulièrement par le Syllabus, n° 18 (DS 2918).
- 2. Un gouvernement collégial et une orientation démocratique de l’Église, condamnée particulièrement par le Concile Vatican I (DS 3055).
- 3. Une fausse conception des droits naturels de l’homme qui apparaît clairement dans le document sur la liberté religieuse, condamnée particulièrement par Quanta Cura (Pie IX) et Libertas praestantissimum (Léon XIII).
- 4. Une conception erronée du pouvoir du Pape (cf. DS 3115).
- 5. La conception protestante du saint sacrifice de la messe et des sacrements, condamnée par le Concile de Trente, sess. XXII.
- 6. Enfin, d’une manière générale, la libre diffusion des hérésies caractérisée par la suppression du Saint-Office.
Les documents contenant ces erreurs causent un malaise et un désarroi d’autant plus profonds qu’ils viennent d’une source plus élevée. Les clercs et les fidèles les plus émus par cette situation sont d’ailleurs ceux qui sont les plus attachés à l’Église, à l’autorité du Successeur de Pierre, au magistère traditionnel de l’Église.
Très Saint-Père, il est urgent que ce malaise disparaisse, car le troupeau se disperse et les brebis abandonnées suivent des mercenaires. Nous vous conjurons, pour le bien de la foi catholique et du salut des âmes, de réaffirmer les vérités contraires à ces erreurs, vérités qui ont été enseignées pendant vingt siècles par la sainte Église.
C’est dans les sentiments de saint Paul vis-à-vis de saint Pierre, lorsqu’il lui reprochait de ne pas suivre « la vérité de l’Evangile » (Ga 2, 1114), que nous nous adressons à vous. Son but n’était autre que de protéger la foi des fidèles.
Saint Robert Bellarmin, exprimant à cette occasion un principe de morale générale, affirme que l’on doit résister au Pontife dont l’action serait nuisible au salut des âmes (De Rom. Pon. 1, 2, c. 29).
C’est donc dans le but de venir en aide à Votre Sainteté que nous jetons ce cri d’alarme, rendu plus véhément encore par les erreurs du nouveau Droit Canon, pour ne pas dire les hérésies, et par les cérémonies et discours à l’occasion du cinquième centenaire de la naissance de Luther. Vraiment, la mesure est comble.
Que Dieu vous vienne en aide, Très Saint-Père, nous prions sans cesse, à votre intention, la Bienheureuse Vierge Marie.
Daignez agréer les sentiments de dévouement filial qui sont les nôtres.
Rio de Janeiro, le 21 novembre 1983, fête de la Présentation de la Très Sainte Vierge.
† Marcel LEFEBVRE, ancien archevêque-évêque de Tulle.
† Antonio de CASTRO MAYER, ancien évêque de Campos.
Bref résumé des principales erreurs de l’ecclésiologie conciliaire
1. Conception « latitudinariste » et œcuménique de l’Église
La conception de l’Église comme « Peuple de Dieu » se rencontre désormais dans de nombreux documents officiels : les actes du Concile Unitatis redintegratio, Lumen gentium – le nouveau Droit canon – (C. 204.1) – la lettre du Pape Jean-Paul II Catechesi tradendae et l’allocution dans l’Église anglicane de Canterbury – le Directoire œcuménique Ad totam Ecclesiam du Secrétariat pour l’Unité des chrétiens. Elle respire un sens latitudinariste et un faux œcuménisme.
Des faits manifestent avec évidence cette conception hétérodoxe : les autorisations pour la construction de salles destinées au pluralisme religieux – l’édition de Bibles œcuméniques qui ne sont plus conformes à l’exégèse catholique – les cérémonies œcuméniques comme celles de Canterbury.
Dans Unitatis redintegratio, on enseigne que la division des chrétiens « est pour le monde un objet de scandale et fait obstacle à la prédication de l’Évangile à toute créature… que l’Esprit-Saint ne refuse pas de se servir des autres religions comme moyens de salut ». Cette même erreur est répétée dans le document Catechesi tradendae de Jean-Paul II. C’est dans le même esprit, et avec des affirmations contraires à la foi traditionnelle, que Jean-Paul II déclare à la cathédrale de Canterbury, le 25 mai 1982, « que la promesse du Christ nous inspire la confiance que le Saint-Esprit guérira les divisions introduites dans l’Église dès les premiers temps après la Pentecôte »1 comme si l’unité du Credo n’avait jamais existé dans l’Église.
Le concept de « Peuple de Dieu » porte à croire que le protestantisme n’est pas autre chose qu’une forme particulière de la même religion chrétienne.
Le Concile Vatican II enseigne « une véritable union dans l’Esprit-Saint » avec les sectes hérétiques2, « une certaine communion, encore imparfaite avec elles »3.
Cette unité œcuménique contredit l’encyclique Satis cognitum de Léon XIII qui enseigne que « Jésus n’a pas fondé une Église qui embrasse plusieurs communautés qui se ressemblent génériquement, mais qui sont distinctes et qui ne sont pas liées par un lien qui forme une Église individuelle et unique ». De même cette unité œcuménique est contraire à l’encyclique Humani generis de Pie XII qui condamne l’idée de réduire à une formule quelconque la nécessité de l’appartenance à l’Église catholique, contraire aussi à l’encyclique Mystici corporis du même Pape qui condamne la conception d’une Église « pneumatique » qui serait un lien invisible des communautés séparées dans la foi.
Cet œcuménisme est également contraire aux enseignements de Pie XI dans l’encyclique Mortalium animos : sur ce point il est opportun d’exposer et de repousser une certaine opinion fausse qui est à la racine de ce problème et de ce mouvement complexe par le moyen duquel les non-catholiques s’efforcent de réaliser une union des Églises chrétiennes. Ceux qui adhèrent à cette opinion citent constamment ces paroles du Christ : « Qu’ils soient un… et que n’existe qu’un seul troupeau et qu’un seul pasteur » (Jn 17, 21 et 10, 16) et prétendent que par ces paroles le Christ exprime un désir ou une prière qui n’a jamais été réalisé. Ils prétendent de ce fait que l’unité de foi et de gouvernement, qui est une des notes de la véritable Église du Christ, pratiquement jusqu’aujourd’hui n’a jamais existé et aujourd’hui n’existe pas.
Cet œcuménisme, condamné par la morale et le droit catholiques, en arrive à permettre de recevoir les sacrements de pénitence, d’eucharistie et d’extrême-onction de « ministres non catholiques » (Canon 844 N. C.) et favorise « l’hospitalité œcuménique » en autorisant les ministres catholiques à donner le sacrement de l’eucharistie à des non catholiques.
Toutes ces choses sont ouvertement contraires à la Révélation divine qui prescrit la « séparation » et repousse l’union « entre la lumière et les ténèbres, entre le fidèle et l’infidèle, entre le temple de Dieu et celui des sectes » (2 Co 6,14–18).
2. Gouvernement collégial-démocratique de l’Église
Après avoir ébranlé l’unité de la foi, les modernistes d’aujourd’hui s’efforcent d’ébranler l’unité de gouvernement et la structure hiérarchique de l’Église.
La doctrine, déjà suggérée par le document Lumen gentium du Concile Vatican II, sera reprise explicitement par le nouveau Droit canon (Canon 336) ; doctrine selon laquelle le collège des évêques joint au Pape jouit également du pouvoir suprême dans l’Église et cela d’une manière habituelle et constante.
Cette doctrine du double pouvoir suprême est contraire à l’enseignement et à la pratique du Magistère de l’Église, spécialement dans le Concile Vatican I (DS 3055) et dans l’encyclique de Léon XIII Statis cognitum. Seul le Pape a ce pouvoir suprême qu’il communique, dans la mesure où il le juge opportun et dans des circonstances extraordinaires.
A cette grave erreur se rattache l’orientation démocratique de l’Église, les pouvoirs résidant dans le Peuple de Dieu tel qu’il est défini dans le nouveau Droit. Cette erreur janséniste est condamnée par la bulle Auctorem fidei de Pie VI (DS 2602).
Cette tendance à faire participer la « base » à l’exercice du pouvoir se retrouve dans l’institution du Synode et des Conférences épiscopales, dans les Conseils presbytéraux, pastoraux et dans la multiplication des Commissions romaines et des Commissions nationales, comme au sein des Congrégations religieuses (voir à ce sujet Concile Vatican I, DS 3061, nouveau Droit canon, Canon 447).
La dégradation de l’autorité dans l’Église est la source de l’anarchie et du désordre qui y règnent partout aujourd’hui.
3. Les faux droits naturels de l’homme
La déclaration Dignitatis humanae du Concile Vatican II affirme l’existence d’un faux droit naturel de l’homme en matière religieuse, contrairement aux enseignements pontificaux qui nient formellement un pareil blasphème.
Ainsi Pie IX dans son encyclique Quanta Cura et le Syllabus, Léon XIII dans ses encycliques Libertas praestantissimum et Immortale Dei, Pie XlI dans son allocution « Ci Riesce » aux juristes catholiques italiens, nient que la raison et la Révélation fondent un pareil droit.
Vatican II croit et professe, d’une manière universelle, que « la vérité ne peut s’imposer que par la force propre de la vérité », ce qui s’oppose formellement aux enseignements de Pie VI contre les jansénistes du Concile de Pistoie (DS 2604). Le Concile en arrive à cette absurdité d’affirmer le droit de ne pas adhérer et de ne pas suivre la vérité, d’obliger les gouvernements civils à ne plus faire de discrimination pour des motifs religieux établissant l’égalité juridique entre les fausses et la vraie religion.
Ces doctrines se fondent sur une fausse conception de la dignité humaine, provenant des pseudo-philosophes de la Révolution française, agnostiques et matérialistes, qui ont été déjà condamnés par Saint Pie X dans le mandement pontifical « Notre charge apostolique ».
Vatican II dit que de la liberté religieuse sortira une ère de stabilité pour l’Église. Grégoire XVI, au contraire, affirme que c’est une suprême impudence d’affirmer que la liberté immodérée d’opinion serait bénéfique pour l’Église.
Le Concile exprime dans Gaudium et Spes un principe faux lorsqu’il estime que la dignité humaine et chrétienne vient du fait de l’Incarnation, qui a restauré cette dignité pour tous les hommes. Cette même erreur est affirmée dans l’encyclique Redemptor hominis de Jean-Paul II.
Les conséquences de la reconnaissance par le Concile de ce faux droit de l’homme ruinent les fondements du règne social de Notre Seigneur, ébranlent l’autorité et le pouvoir de l’Église dans sa mission de faire régner Notre Seigneur dans les esprits et dans les cœurs, en menant le combat contre les forces sataniques qui subjuguent les âmes. L’esprit missionnaire sera accusé de prosélytisme exagéré.
La neutralité des États en matière religieuse est injurieuse pour Notre Seigneur et son Église, lorsqu’il s’agit d’États à majorité catholique.
4. Pouvoir absolu du Pape
Certes, le pouvoir du Pape dans l’Église est un pouvoir suprême, mais il ne peut être absolu et sans limites, étant donné qu’il est subordonné au pouvoir divin, qui s’exprime dans la Tradition, la Sainte Écriture, et les définitions déjà promulguées par le magistère ecclésiastique (DS 3116).
Le pouvoir du Pape est subordonné et limité par la fin pour laquelle son pouvoir lui a été donné. Cette fin est clairement définie par le Pape Pie IX dans la Constitution Pastor aeternus du Concile Vatican I (DS 3070). Ce serait un abus de pouvoir intolérable de modifier la constitution de l’Église et de prétendre en appeler au droit humain contre le droit divin, comme dans la liberté religieuse, comme dans l’hospitalité eucharistique autorisée par le nouveau Droit, comme l’affirmation des deux pouvoirs suprêmes dans l’Église.
Il est clair que dans ces cas et autres semblables, c’est un devoir pour tout clerc et fidèle catholique de résister et de refuser l’obéissance. L’obéissance aveugle est un contresens et nul n’est exempt de responsabilité pour avoir obéi aux hommes plutôt qu’à Dieu (DS 3115), et cette résistance doit être publique si le mal est public et est un objet de scandale pour les âmes (S. Th. II, II, 33, 4).
Ce sont là des principes élémentaires de morale, qui règlent les rapports des sujets avec toutes les autorités légitimes.
Cette résistance trouve d’ailleurs une confirmation dans le fait que désormais ceux-là sont pénalisés qui s’en tiennent fermement à la Tradition et à la foi catholique, et que ceux qui professent des doctrines hétérodoxes ou accomplissent de véritables sacrilèges ne sont nullement inquiétés. C’est la logique de l’abus de pouvoir.
5. Conception protestante de la messe
La nouvelle conception de l’Église telle que le Pape Jean-Paul II la définit, dans la Constitution précédant le nouveau Droit, appelle un changement profond dans l’acte principal de l’Église qui est le sacrifice de la messe. La définition de la nouvelle ecclésiologie donne exactement la définition de la nouvelle messe : c’est-à-dire un service et une communion collégiale et œcuménique. On ne peut mieux définir la nouvelle messe, qui, comme la nouvelle Église conciliaire, est en rupture profonde avec la tradition et le magistère de l’Église.
C’est une conception plus protestante que catholique qui explique tout ce qui a été indûment exalté et tout ce qui a été diminué.
Contrairement aux enseignements du Concile de Trente dans la 22e session, contrairement à l’encyclique Mediator Dei de Pie XII, on a exagéré la place des fidèles dans la participation à la messe et diminué la place du prêtre devenu simple président. On a exagéré la place de la liturgie de la Parole et diminué la place du sacrifice propitiatoire. On a exalté le repas communautaire et on l’a laïcisé, aux dépens du respect et de la foi en la présence réelle par la transsubstantiation.
En supprimant la langue sacrée, on a pluralisé à l’infini les rites en les profanant par des apports mondains ou païens et on a répandu de fausses traductions, aux dépens de la vraie foi et de la vraie piété des fidèles.
Et cependant, les Conciles de Florence et de Trente avaient prononcé des anathèmes contre tous ces changements et affirmaient que notre messe dans son canon remontait aux temps apostoliques.
Les Papes saint Pie V et Clément VIII ont insisté sur la nécessité d’éviter les changements et les mutations, en gardant perpétuellement ce rite romain consacré par la Tradition.
La désacralisation de la messe, sa laïcisation entraînent la laïcisation du sacerdoce, à la manière protestante.
La réforme liturgique de style protestant est l’une des plus grandes erreurs de l’Eglise conciliaire et des plus ruineuses de la foi et de la grâce.
6. La libre diffusion des erreurs et des hérésies
La situation de l’Église, mise en état de recherche, introduit dans la pratique le libre examen protestant, résultat de la pluralité des credos à l’intérieur de l’Église.
La suppression du Saint-Office, de l’index, du serment antimoderniste a provoqué chez les théologiens modernes un besoin de nouvelles théories qui désorientent les fidèles et les engagent vers le charismatisme, le pentecôtisme, les communautés de base. C’est une véritable révolution dirigée en définitive contre l’autorité de Dieu et de l’Église.
Les graves erreurs modernes toujours condamnées par les Papes se développent désormais librement à l’intérieur de l’Église :
- 1. Les philosophies modernes antiscolastiques, existentialistes, anti-intellectualistes sont enseignées dans les universités catholiques et les grands séminaires.
- 2. L’humanisme est favorisé par ce besoin des autorités ecclésiastiques de faire écho au monde moderne en faisant de l’homme la fin de toutes choses.
- 3. Le naturalisme – l’exaltation de l’homme et des valeurs humaines – fait oublier les valeurs surnaturelles de la Rédemption et de la grâce.
- 4. Le modernisme évolutionniste cause le rejet de la Tradition, de la Révélation, du magistère de vingt siècles. Il n’y a plus de vérité fixe, ni de dogme.
- 5. Le socialisme et le communisme. Le refus du Concile de condamner ces erreurs a été scandaleux et fait légitimement croire que le Vatican aujourd’hui serait favorable à un socialisme ou un communisme plus ou moins chrétien. L’attitude du Saint-Siège durant ces quinze dernières années confirme ce jugement, tant au-delà qu’en deçà du rideau de fer.
- 6. Enfin, les accords avec la maçonnerie, le Conseil oecuménique des Églises et Moscou réduisent l’Église à l’état de prisonnière, la rendent totalement incapable de remplir sa mission librement. Ce sont de véritables trahisons qui crient vengeance vers le ciel, de même que les éloges décernés en ces jours à l’hérésiarque le plus scandaleux et le plus nuisible à l’Église4.
Il est temps que l’Église recouvre sa liberté de réaliser le règne de Notre-Seigneur Jésus-Christ et le règne de Marie sans se préoccuper de ses ennemis.
Déclaration de Mgr Lefebvre et de Mgr Antonio de Castro Mayer du 2 décembre 1986
Le 28 octobre a lieu le congrès interreligieux d’Assise. Cinq jours plus tard, Mgr Lefebvre et Mgr de Castro Mayer, accomplissant leur devoir d’évêques, protestent publiquement :
Rome nous a fait demander si nous avions l’intention de proclamer notre rupture avec le Vatican à l’occasion du Congrès d’Assise.
La question nous semblerait plutôt devoir être la suivante :
Croyez-vous et avez-vous l’intention de proclamer que le Congrès d’Assise consomme la rupture des autorités romaines avec l’Église catholique ?
Car c’est bien cela qui préoccupe ceux qui demeurent encore catholiques.
Il est bien évident en effet que depuis le Concile Vatican II, le pape et les épiscopats s’éloignent toujours plus nettement de leurs prédécesseurs.
Tout ce qui a été mis en œuvre pour défendre la foi par l’Église dans les siècles passés, et tout ce qui a été accompli pour la diffuser par les missionnaires, jusqu’au martyre inclusivement, est désormais considéré comme une faute dont l’Eglise devrait s’accuser et se faire pardonner.
L’attitude des onze Papes qui depuis 1789 jusqu’en 1958 ont, dans des documents officiels, condamné la Révolution libérale, est considérée comme « un manque d’intelligence du souffle chrétien qui a inspiré la Révolution ».
D’où le revirement complet de Rome depuis le Concile Vatican II, qui nous a fait redire les paroles de Notre-Seigneur à ceux qui venaient l’arrêter : Haec est hora vestra et potestas tenebrarum (c’est ici votre heure et la puissance des ténèbres) (Luc XXII 52–53).
Adoptant la religion libérale du protestantisme et de la Révolution, les principes naturalistes de J‑J. Rousseau, les libertés athées de la Constitution des Droits de l’Homme, le principe de la dignité humaine n’ayant plus de rapport avec la vérité et la dignité morale, les autorités romaines tournent le dos à leurs prédécesseurs et rompent avec l’Eglise catholique, et elles se mettent au service des destructeurs de la chrétienté et du règne universel de Notre-Seigneur Jésus-Christ.
Les actes actuels de Jean-Paul II et des épiscopats nationaux illustrent d’année en année ce changement radical de conception de la foi, de l’Eglise, du sacerdoce, du monde, du salut par la grâce.
Le comble de cette rupture avec le magistère antérieur de l’Église s’est accompli à Assise, après la visite à la synagogue. Le péché public contre l’unicité de Dieu, contre le Verbe Incarné et son Église fait frémir d’horreur. Jean-Paul II encourageant les fausses religions à prier leurs faux dieux : scandale sans mesure et sans précédent.
Nous pourrions reprendre ici notre Déclaration du 21 novembre 1974, qui demeure plus actuelle que jamais.
Pour nous, demeurant indéfectiblement attachés à l’Église catholique et romaine de toujours, nous sommes obligés de constater que cette religion moderniste et libérale de la Rome moderne et conciliaire s’éloigne toujours davantage de nous, qui professons la foi catholique des onze Papes qui ont condamné cette fausse religion.
La rupture ne vient donc pas de nous, mais de Paul VI et Jean-Paul Il, qui rompent avec leurs prédécesseurs.
Ce reniement de tout le passé de l’Église par ces deux papes et les évêques qui les imitent est une impiété inconcevable et une humiliation insoutenable pour ceux qui demeurent catholiques dans la fidélité à vingt siècles de profession de la même foi.
Nous considérons donc comme nul tout ce qui a été inspiré par cet esprit de reniement : toutes les réformes post-conciliaires, et tous les actes de Rome qui sont accomplis dans cette impiété.
Nous comptons avec la grâce de Dieu et le suffrage de la Vierge fidèle, de tous les martyrs, de tous les papes jusqu’au concile, de tous les saints et saintes fondateurs et fondatrices des Ordres contemplatifs et missionnaires, pour nous venir en aide dans le renouveau de l’Église par la fidélité intégrale à la Tradition.
Buenos Aires, le 2 décembre 1986
S. Exc. Mgr LEFEBVRE Archevêque-Évêque émérite de Tulle
S. Exc. Mgr Antonio de CASTRO MAYER, Évêque émérite de Campos en parfait accord avec la présente Déclaration
(Sources : FSSPX Actualités)