France : Mgr Rey a pris la parole lors de la Marche pour la vie
Mgr Dominique Rey a tenu à prononcer un discours lors de la Marche pour la vie en France, rompant ainsi avec l’attitude des évêques de rester en retrait de cette manifestation. Le prélat a vivement critiqué la liberté « liberticide » qui prétend légitimer l’avortement et l’euthanasie.
La Marche pour la vie annuelle s’est déroulée à Paris le 18 janvier 2026. En France, le contexte politique et social est plus favorable à l’avortement que dans d’autres pays, en raison de la laïcité militante de l’État.
En effet, il y a deux ans, la Constitution a été modifiée pour y introduire le « droit » des femmes à avorter. La modification constitutionnelle a été voulue et pilotée par le président Emmanuel Macron, et a reçu les votes d’une large majorité au Parlement (780 pour et 72 contre).
L’état de déchristianisation avancée, la lâcheté et la faiblesse des bons, notamment de l’épiscopat français, le contexte agressivement pro-avortement, expliquent sans doute que la Marche pour la vie en France soit plus modeste que dans d’autres pays, mais peut-être aussi plus importante, afin de maintenir vivante la flamme de la défense de la vie humaine.
Ces dernières années, les évêques français ont pu faire des déclarations contre l’avortement ou contre l’euthanasie et en faveur de la vie, mais ils se sont tenus éloignés du cortège de la Marche pour la vie.
Mais cette année, Mgr Dominique Rey, évêque émérite de Toulon, a eu le courage – qu’il faut reconnaître et saluer – de s’y rendre. Rappelons que sa démission de l’évêché de Toulon a été demandée par le pape François fin 2024, après une visite apostolique au cours de laquelle l’évêque a été critiqué pour un manque de discernement et pour son engagement à évangéliser les musulmans !
Le premier évêque à prendre la parole à cette manifestation
Mgr Rey est devenu le premier évêque à prendre la parole lors de la Marche pour la vie, brisant la réticence épiscopale à participer activement à cet événement. Le prélat a critiqué les « dispositions mortifères » de la législation française et a averti que « légitimer l’avortement et l’euthanasie affecte toute la société » et constitue « un dévoiement du corps médical chargé de protéger la vie ».
Il a également expliqué que « lorsque la vie cesse d’être inviolable, l’homme cesse d’être libre » et que, « abandonnée à son sort, sans limites pour lui rappeler qu’elle n’est pas une fin en soi, la liberté peut devenir liberticide ». Il a également critiqué l’« expression mensongère » d’« aider à mourir dans la dignité », qui cache « le mépris de la vie dans les moments de fragilité ».
Dans ce discours bien construit, il manque toutefois une dimension : centré sur une défense « éthique » de la vie, il aurait pu être celui d’un tribun politique. Certes, il a bien rattaché le droit à la vie à la transcendance, mais bien timidement et trop rapidement.
L’affirmation claire, nette et forte du droit de Dieu – et non seulement du droit naturel – est ce qui fait la force de la parole d’un évêque, car elle est alors munie de la toute-puissance d’en haut. Un discours philosophique ne vaut en revanche que par la force de ses arguments.
Toutefois, le mercredi 21 janvier 2026, trois jours après la Marche pour la vie, réduite mais courageuse, le Sénat français a porté un coup au projet de loi sur l’euthanasie en rejetant, par 144 voix contre 123, l’article central de la proposition de loi sur l’aide à mourir, affirmant un « droit » et s’attaquant à la clause de conscience.
Il n’est pas certain que ce revers au Sénat mette fin au projet dans les circonstances actuelles. Cependant, la participation de Mgr Rey à la Marche pour la vie permettra peut-être une tendance vers un peu plus de courage de l’épiscopat français, une évolution de son discours pour prêcher franchement la Vérité du Christ, pour un peu plus de résultat.
(Source : InfoCatólica – FSSPX.Actualités)
Illustration : Riposte catholique