Connaissez-vous les Oblates de la Fraternité Saint-Pie X ?
Les Oblates de la Fraternité Saint-Pie X sont assez présentes dans plusieurs Districts et pourtant leur vocation est peu connue ou mal connue. Le but de cet article est donc de mettre, ou de remettre, dans sa vraie lumière cette famille religieuse fondée par Monseigneur Marcel Lefebvre, à l’instar de celles des prêtres, des Frères, des Sœurs et du Tiers-Ordre.
Tout le monde connaît de vue ces Sœurs à l’habit noir que l’on aperçoit dans les pèlerinages, les processions, et les activités des écoles ou des prieurés. Mais il est parfois difficile de faire la différence entre une Oblate et une Sœur. Voici trois petits détails qui vous permettront de les reconnaître aisément :
- les Oblates portent une croix autour du cou, et les Sœurs une médaille de Saint Pie-X
- le col du scapulaire des Oblates est arrondi, celui des Sœurs est carré
- le voile des Oblates est arrondi sur le haut du front, celui des Sœurs est en pointe.
Mais pourquoi donc les Oblates et les Sœurs se ressemblent-elles autant ? Pour la bonne et simple raison que les deux congrégations ont été fondées par Monseigneur Lefebvre, pratiquement à la même époque, pour répondre à des besoins différents.
Origine de la fondation des Oblates par Mgr Lefebvre
Vers octobre 1972, trois religieuses « agrégées à la Fraternité » se trouvent à Écône : elles ont quitté leurs congrégations respectives à cause du vent de modernisme qui y souffle, et ont demandé à Mgr Lefebvre de les aider à conserver intacte leur vie religieuse.
Au cours de l’année 1973, elles reçoivent le nom d’Oblates de la Fraternité. Monseigneur commence à rédiger pour elles une règle commune, en tenant compte de la diversité de leurs origines. Dans son esprit, les vœux prononcés antérieurement par ces religieuses sont toujours moralement valides. Pour des raisons pratiques, il leur demande de revêtir le même habit religieux, de se mettre sous la direction de Statuts communs, et de s’engager comme membres de la Fraternité pour une période déterminée, ce qui garantira une unité de vie et de pensée.
Le 17 mai 1974, à Suresnes, Mathilde Pommeruel, tante de M. l’abbé Laurençon et de Sr Marie Dominique, est la première à s’engager officiellement. Elle devient Oblate sous le nom de Sœur Marie Bernard.
Bientôt, ce ne sont plus seulement d’anciennes religieuses qui demandent à devenir Oblates. Ce sont des femmes, dont la santé ou l’âge ne leur permettent pas d’être admises chez les Sœurs, et qui désirent pourtant consacrer leur vie au service de la Fraternité. On voit aussi venir des veuves qui voudraient finir leur vie au service de Dieu et à l’ombre des ailes de la Fraternité. À toutes ces âmes généreuses, Mgr Lefebvre ouvre une porte d’accès à la vie religieuse. Il leur permet ainsi de « se sanctifier au contact de la Fraternité, en faisant du Saint Sacrifice de la Messe la source inépuisable de leur vie spirituelle et religieuse. » (Statuts §2)
Au fil du temps, une troisième catégorie de postulantes se présente. Ce sont des personnes plus jeunes qui, attirées par la spiritualité et le genre de vie propres à la vocation d’Oblate, demandent leur admission.
Dans les premières années, les Oblates ont été formées dans les noviciats des Sœurs de la Fraternité. Puis, leur nombre grandissant, un noviciat pour les Oblates a été inauguré en 1993 à Menzingen, à la Maison générale. Transféré en 1999 à Salvan près d’Écône, le noviciat Sainte-Thérèse de l’Enfant-Jésus, se trouve maintenant à Lavey, toujours près d’Écône, depuis 2023.
Un autre noviciat, de langue anglaise celui-là, a été ouvert en 2018 à Davao aux Philippines, sous le patronage de Notre-Dame des Douleurs. Il a déménagé en octobre 2025 pour s’installer dans un nouveau bâtiment construit à Iloilo.
Les Oblates sont-elles des religieuses, oui ou non ?
Ainsi que nous l’avons vu, Mgr Lefebvre n’avait pas l’intention de fonder une congrégation de demi-religieuses, ou de religieuses au rabais. Bien au contraire. Dans l’esprit du fondateur, toutes les Oblates ont l’obligation de tendre à la perfection, qu’elles soient d’anciennes religieuses ou non. Mais d’où vient alors cette idée, très répandue, que les Oblates de la Fraternité ne sont pas de vraies religieuses ?
Il est vrai que les Oblates ne s’engagent pas par des vœux, mais par des promesses. La différence est bien réelle, mais elle est uniquement canonique, car dans la volonté de celle qui les prononce, l’engagement est le même : celui de pratiquer les vertus de pauvreté, de chasteté et d’obéissance. De par la volonté du fondateur, les Oblates appartiennent à ce que le Droit Canon appelle une société de vie commune sans vœux, tout comme les prêtres de la Fraternité.
Ces sociétés de vie commune, - ou sociétés de vie apostolique1-, appartiennent à ce qu’on appelle l’état de perfection. Bien que ne prononçant pas de vœux, les membres de ces sociétés s’obligent à pratiquer les vertus religieuses de pauvreté, de chasteté et d’obéissance. Ils s’y engagent par des promesses, ce qui les lie véritablement vis-à-vis de Dieu, quoique d’une manière différente. Ce qui fait la religieuse, ce sont les trois vertus religieuses qu’elle s’engage à pratiquer.
Il y a donc bien une réelle différence canonique entre une Sœur qui prononce des vœux et une Sœur qui s’engage par des promesses au cours de son Oblation, mais dans les deux cas, elles ont le devoir de tendre à la perfection.
On peut donc dire que les Oblates, même si elles ne prononcent pas de vœux, sont pourtant assimilées à des religieuses. Ce qui était clairement la pensée et le désir de leur fondateur.
Pourquoi le terme d’Oblate ?
Le nom d’Oblate n’est pas unique dans la vie de l’Église. Tout le monde connaît par exemple les Oblats de Marie Immaculée ou les Oblats bénédictins. Les premiers prononcent des vœux, les seconds non : le terme d’Oblates ne signifie donc pas forcément « absence de vœux », comme beaucoup le pensent.
Le nom choisi par Mgr Lefebvre pour cette nouvelle famille religieuse qu’il fondait à l’ombre de son œuvre sacerdotale indique clairement ce qu’il voulait qu’elles soient : des âmes qui offrent leur vie entière (oblata en latin signifie offerte), des personnes qui se donnent totalement et complètement au service de la cause qui est la leur : prière pour la sanctification des prêtres et dévouement aux œuvres de la Fraternité sacerdotale Saint Pie X. Entrer chez les Oblates est donc une démarche importante, qui engage toute la vie. Être Oblate, c’est tout un programme de sainteté.
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§1. A côté des instituts de vie consacrée prennent place les sociétés de vie apostolique, dont les membres, sans les vœux religieux, poursuivent la fin apostolique propre de leur société et, menant la vie fraternelle en commun tendent, selon leur mode de vie propre, à la perfection de la charité par l’observation des constitutions. §2. Il y a parmi elles des sociétés dont les membres assument les conseils évangéliques par un certain lien défini par les constitutions. (Canon N° 731 - Code de Droit Canonique CIC/1983)
Quelle est le rôle et la mission des Oblates?
Le rôle propre attribué par Mgr Lefebvre aux Oblates est celui de « se dévouer, selon leurs talents, aux œuvres de la Fraternité, de venir en aide aux prêtres, soit dans les séminaires, soit dans les prieurés, soit dans les écoles. » (Statuts §2)
Leur champ d’apostolat est donc aussi vaste que celui de la Fraternité elle-même, et elles peuvent être amenées à travailler dans divers domaines : sacristie, ménage, couture, enseignement, lessive, secrétariat, cuisine, catéchisme, etc. Leur apostolat est varié, mais il reste toujours discret et caché.
Au soutien matériel qu’elles apportent à la Fraternité, les Oblates ajoutent bien sûr celui de leur prière et de leurs sacrifices quotidiens.
Elles dépendent directement du Supérieur général de la Fraternité, actuellement Don Davide Pagliarani, et de son délégué, M. l’abbé Christian Bouchacourt. Ce sont eux qui décident les nominations et les changements, en accord avec les Supérieurs de District. Dans l’endroit où elles se trouvent, elles sont placées sous l’autorité directe du prieur, à moins qu’il n’y ait une Supérieure locale désignée par les Supérieurs, ce qui peut arriver lorsqu’une communauté compte plus de trois Sœurs.
Les Oblates ont-elles une spiritualité et une vocation propres ?
La spiritualité des Oblates est celle de la Fraternité : elle est centrée sur le Sacrifice de la Messe.
Leur vocation propre est de prier et d’offrir leur vie pour « la sanctification des prêtres et des futurs prêtres », et de réparer pour « tous les sacrilèges et abandons, spécialement des âmes consacrées à Dieu. » (extrait de l’Acte d’Oblation)
Les Oblates font chaque année une retraite spirituelle de six jours, qui se déroule normalement à Écône au début du mois de juillet.
Chaque mois, elles ont une journée de récollection.
Comment se passe la formation des Oblates ?
Lorsque la candidate est acceptée, elle commence une période de postulat qui dure environ un an. Elle reçoit alors l’habit religieux et commence à proprement parler le noviciat qui dure deux ans. Ces trois années sont un temps de formation spirituelle, intellectuelle et pratique. Différents cours sont donnés pour permettre à la novice d’apprendre tout ce qui pourra lui permettre de servir au mieux la Fraternité là où l’obéissance l’enverra.
À la fin de sa formation, elle prononce sa première Oblation, son premier engagement, au cours duquel elle promet de pratiquer les vertus religieuses de pauvreté, chasteté, obéissance. Ce premier engagement est fait pour un an pendant six années consécutives. Il pourra ensuite être pris pour trois ans. Au bout de ces neuf années, l’Oblate pourra, avec l’accord des Supérieurs, prononcer son Oblation perpétuelle.
Les cérémonies de première Oblation et les renouvellements d’engagement se font le plus souvent en la date du 15 septembre, jour de la fête de Notre-Dame des Sept Douleurs, qui est leur fête patronale. C’est en raison de leur appartenance à la Fraternité que cette fête a été élevée au rang de fête de 1ère classe pour toute la Fraternité. Mais il peut arriver aussi que cette cérémonie se déroule à d’autres dates, selon les lieux.
Quelle est la journée d’une Oblate?
La journée d’une Oblate est partagée entre la prière (commune et personnelle) et le travail. Le lever est à 6h, et l’extinction des feux à 22h.
Les temps de prière en commun sont l’office de Prime à 6h suivi de la méditation et de la messe, celui de Sexte à midi, le chapelet avant le repas du soir et enfin les Complies.
Il revient ensuite à chacune de savoir s’arrêter dans son travail pour consacrer environ une heure à la prière, la lecture spirituelle. Cette heure peut être divisée et répartie au cours de la journée. Cette sainte obligation permet à l’Oblate de ne pas se laisser gagner par l’activisme, ni entraîner par un goût personnel pour le travail.
Elle doit se rappeler chaque jour que son premier devoir est celui de la prière et de sa sanctification personnelle, pour aider au Bien commun de toute la Fraternité. Son dévouement aux œuvres extérieures doit rester secondaire, et ne portera des fruits que s’il est dans l’ordre.
Une bonne Oblate n’est pas celle qui travaille beaucoup, mais celle qui observe les Statuts écrits pour elle par Mgr Lefebvre en 1982.
Y a-t-il d’autres choses à savoir ?
Les Oblates peuvent rentrer en vacances dans leur famille chaque année, pour une période de 3 semaines. Si elles viennent d’un autre continent, elles se rendent dans leur famille tous les deux ans. Ce temps de repos nécessaire peut être pris dans une autre maison de la Fraternité.
Dans quels pays se trouvent les Oblates ?
Outre la France, les Oblates sont présentes un peu partout dans le monde : en Afrique du Sud, en Allemagne, en Autriche, au Canada, aux États-Unis, au Kenya, au Mexique, aux Philippines, en Pologne et en Suisse.
Combien y a-t-il d’Oblates en 2026 ?
Les nationalités sont des plus diverses : Afrique du Sud, Allemagne, Argentine, Autriche, Belgique, Canada, Chine, Colombie, États-Unis, France, Ghana, Guatemala, Italie, Kenya, Mexique, Nigeria, Philippines, Pologne, Suisse, Ukraine.
Il y a pour l’instant 87 Oblates, sans compter celles qui sont en formation dans les deux noviciats. Parmi elles, trois des plus anciennes se trouvent dans nos maisons de repos du Brémien ou de Weihungszell en Allemagne.
Le constat est facile : le champ d’apostolat est immense, mais les bras et les cœurs manquent pour suffire à la tâche ! Alors nous prions avec ardeur le Maître de la moisson d’envoyer des ouvrières à sa moisson ! Vous aussi, priez pour les vocations religieuses ! Et si vous entendez sa voix…
Qui peut rentrer chez les Oblates ?
D’après ce qui précède, on serait tenté de répondre : tout le monde ! Oui et non…
Oui, dans la mesure où il n’y a pas de limite d’âge, où certains problèmes de santé ne sont pas un obstacle, et où même les veuves sont acceptées.
Mais, pour devenir Oblate, il faut tout de même remplir certaines conditions naturelles indispensables, comme par exemple :
- être capable de s’adapter aux exigences réelles de la vie commune
- être docile d’esprit et savoir se soumettre à ce que l’obéissance demande
- avoir un bon équilibre psychologique et émotionnel et une humeur stable
- avoir du sens pratique, de la maturité, de la discrétion et un bon jugement
- faire preuve de souplesse, de générosité et de persévérance dans les difficultés quotidiennes.
Mais l’élément important et capital, comme pour toute vocation, est celui de l’appel de Dieu.
Comment savoir si j’ai la vocation d’Oblate ?
L’appel à la vocation religieuse, sauf de rares exceptions, ne s’entend pas, ni des oreilles du corps, ni de celles de l’âme. Il ne faut donc pas attendre de se sentir appelée pour se poser la question de la vocation. Mais alors, comment faire ?
Toute jeune femme baptisée, qui mène une vie chrétienne solide depuis plusieurs années, et qui possède un bon équilibre psychologique peut,-et devrait même-, se poser la question : Ne suis-je pas appelée à la vie religieuse ? Surtout, qu’elle ne craigne pas de se poser cette question.
Mais où aura-t-elle la réponse ? Soit auprès de son confesseur, ou de son directeur spirituel qui, la connaissant, pourra l’orienter un peu. Soit, et c’est le plus facile, en se rendant directement dans un noviciat pour y faire une visite. Dans ce cadre propice, l’âme est plus libre, elle voit plus clair, elle peut demander conseil ; elle voit vivre les autres religieuses.
La « réponse » vient en général assez clairement après une visite. La candidate comprend qu’elle n’a pas la vocation, ou bien au contraire elle demande à faire un essai : c’est ce qu’on appelle le postulat. Et là, l’âme peut en être certaine, elle saura si, oui ou non, elle a la vocation. Le Bon Dieu l’appellera par la voix des Supérieurs. Si on lui dit que ce n’est pas sa vocation, elle pourra partir le cœur léger. Et si on l’admet à prononcer son Oblation, elle saura avec certitude que c’est là que le Bon Dieu la veut. Elle trouvera la paix de l’âme et du cœur.
Ainsi donc, toutes les âmes de bonne volonté et répondant aux critères décrits ci-dessus, peuvent demander à passer quelques jours au noviciat Sainte Thérèse en Suisse. Elles sont toutes les bienvenues !
Les Oblates
Voici les coordonnées de contact :
- Noviciat Sainte Thérèse
- Route du Village Suisse 8
- Lavey-Village VD 1892
- Switzerland
- Tél : +41 27 761 21 28
- [email protected]
(Source : Oblates FSSPX - FSSPX Actualités)
Photos : Oblates FSSPX