Il y a 600 ans s’éteignait saint Vincent Ferrier

10 Avril, 2019
Provenance: fsspx.news

Né en 1350, saint Vincent Ferrier est mort le 5 avril 1419, voici 600 ans. Appelé en Bretagne en 1418, il sillonne toute la province et la remplit des échos de sa prédication et de ses miracles. Il meurt épuisé à Vannes, où sont conservées ses reliques. Il est canonisé par le pape Calixte III en 1455. 

Originaire d’Espagne, né à Valence dans la province d’Aragon, il entre dans l’Ordre des Frères Prêcheurs en 1369, où il est ordonné prêtre dix ans plus tard. Il enseigne la sacrée théologie pendant quelques années et produit des travaux originaux, notamment en logique pour défendre le réalisme modéré de saint Thomas d’Aquin contre le nominalisme.  

Mais il est plus particulièrement connu pour le rôle qu’il est amené à jouer durant le Grand Schisme d’Occident (1378-1417). Cette période très difficile de l’histoire de l’Eglise et de la chrétienté occidentale se caractérise par une succession d’antipapes opposés aux papes légitimes. Dans son magistral Traité du schisme, saint Vincent Ferrier maintient fermement le caractère monarchique de l’Eglise, et donc la nécessité de rechercher quel est le pape légitime afin de lui obéir. 

Cependant, la confusion atteint un degré inouï, tant pour les Etats catholiques que pour les fidèles, lorsque la chrétienté voit trois « papes » se concurrencer. Un seul est légitime, mais lequel ? Dans cette terrible situation, saint Vincent Ferrier prend d’abord parti pour l’antipape Benoît XIII. Cependant, ayant compris son erreur, il s’éloigne de lui, après l’avoir exhorté à se convertir. 

Guéri miraculeusement alors qu’il se trouvait aux portes de la mort, saint Vincent Ferrier décide de se consacrer pleinement à la prédication. En ces temps troublés, il parcourt l’Europe pour prêcher la conversion des mœurs, redresser les consciences, encourager les faibles et chercher ainsi un dénouement à la terrible crise qui secoue l’Eglise. Dieu lui accorda un don très spécial pour faire quantité de miracles qui ont stupéfié ses contemporains, qui le surnommèrent l’Ange de l’Apocalypse. Il convertit nombre de Juifs en Espagne. 

Il a laissé un magnifique Traité de la vie spirituelle qui fit les délices des religieux, surtout dans l’Ordre dominicain. Il s’agit d’une œuvre d’une grande force intellectuelle, véritable somme spirituelle qui évoque son maître saint Thomas d’Aquin, et qui reste toujours utile à lire.